Source: Course Au Large

  © Gilles Martin-Raget / ACEA

Pourquoi la France pourra gagner la Coupe de l’America

America’s Cup / vendredi 27 septembre 2013

En réponse à l’article de Pierre-Yves Lautrou paru dans l’Express, Course Au Large précise les raisons selon lesquelles la France pourra remporter un jour la Coupe de l’America. Au-delà de ce constat bien réel mais pour le moins pessimiste, les arguments avancés sont bien ceux qui doivent permettre à la France de s’emparer un jour de l’aiguière d’argent.

Notre confrère Pierre-Yves Lautrou explique que la Cup ne pourra jamais être conquise par la France, car plus qu’une histoire de talent, c’est d’abord une histoire d’argent; que les milliardaires français ne naviguent pas et que les sponsors français investissent d’abord dans la course au large… Ce constat est bien réel, mais la conquête de la Cup par la France ne peut se résumer à une analyse aussi pessimiste. Pourquoi ?
Parce que Grant Dalton, patron du défi néo-zélandais vient de nous montrer la voie. Le montage néo-zélandais pour la conquête de la Cup 2013 était exemplaire et ce type de modèle est parfaitement transposable à la France. Dalton n’a pas eu besoin des deniers d’un Milliardaire ni de sponsors néo-zélandais !  Et il a bien failli faire main-basse sur l’aiguière d’argent… Rappelons que sans la règle fixant la limitation des régates à 40 minutes, les Kiwis s’emparaient de la Coupe lors de la 13e régate. On y a tous cru et il ne s’en est fallu que de quelques minutes…, prouvant que l’exploit néo-zélandais était à portée d’étrave…

Parce que le défi Energy Team a bien failli réussir
Initié et managé par Loïck et Bruno Peyron le Défi Energy Team n’a pas été loin de réussir lui aussi son coup. De nombreuses grandes entreprises françaises de dimension internationale ont été sollicitées et certaines bien tentées par l’aventure. Le problème à moins été l’argent que l’image un peu bling bling de la Cup. Difficile, dans un climat économique et social tendu de justifier un tel investissement sur un événement qui porte l’image d’un exercice réservé à la seule élite de quelques milliardaires passionnés.

Parce que tous les talents sont en France
Comme l’indique Lautrou, tous les savoir-faire sont en France. Sportifs, ingénieurs, architectes, manageurs, constructeurs, voiliers,… Oracle conserve la Cup grâce à une équipe sportive managée par un Français (Philippe Presti), avec un bateau sur lequel quelques architectes et ingénieurs français sont intervenus. Joseph Ozanne, qui a travaillé sur le design de l’aile et la performance du bateau, Dimitri Despierre qui a travaillé sur la structure d’Oracle, ou encore Michel Kermarec qui a travaillé sur la vitesse et le design des appendices d’Oracle. Sans parler de tous les Français intervenant chez les autres challengers….

Par l’exceptionnelle dimension prise par l’America’s Cup
Bien des observateurs regardaient hier avec scepticisme le nouveau modèle proposé par les Américains. Mais le spectacle stupéfiant de ces multicoques volants, auteurs d’un événement de télévision sublime et inédit a émerveillé le grand public et décoiffé plus d’un conservateur. La réussite de la Cup est totale et son impact médiatique mondial. Les retombées média, internationales elles, ne se chiffrent pas là en dizaines, mais bien en centaines de millions d’euros… La révolution annoncée a bien eu lieu et ses effets sont loin d’être terminés. Les défis montés pour la prochaine édition de l’America’s Cup seront les premiers à en profiter !

Parce que l’on peut trouver 100 Millions
En France, nous avons la chance de disposer d’un tissu économique autrement plus puissant qu’en Nouvelle-Zélande. Il faut donc s’inspirer du modèle kiwi, tout en proposant un projet réunissant la fine fleur des grandes entreprises françaises. Réunir quelques grands patrons autour d’un projet collectif et mutualisé, permettant à chaque entreprise d’entrer dans le projet avec un ticket d’entrée de l’ordre de 15 à 20 Millions d’euros (sur 4 ans, soit 5 millions par an). Ces budgets cibles sont parfaitement accessibles à bon nombre d’entreprises nationales. L’accord de 5 grands décideurs français, permettrait à la France de relever le défi. What else !

Plus que jamais, donc, la France peut porter cette légitime ambition de conquérir un jour le plus ancien et plus prestigieux trophée de voile au monde. Nous à Course Au Large on y croit et on espère bien ne pas se tromper.

Pierre Giboire