du 05/05/2010  N° 8764
 

L’éviction alimentaire stricte n’apparaît plus justifiée en cas d’allergie alimentaire. Les allergologues français réunis récemment au 5e Congrès francophone d’allergie préconisent désormais une éviction partielle de l’aliment incriminé.

Du fait de son polymorphisme clinique, l’allergie alimentaire reste globalement méconnue. La mise en évidence du rôle des aliments n’est pas toujours aisée, et ce d’autant qu’ils peuvent agir de manière retardée, voire, dans certains cas, ne se révéler qu’à l’effort. Le diagnostic précis nécessite une prise en charge complexe faisant appel aux tests cutanés, de plus en plus à l’aide d’extraits natifs, à la biologie moléculaire mais aussi aux tests de provocation orale impliquant une structure hospitalière et une structure médicale aguerrie. 

Pendant de nombreuses années, l’éviction alimentaire stricte a été le seul moyen de prévenir et de traiter une allergie alimentaire. Néanmoins, cette méthode n’est pas satisfaisante, du fait des risques de réintroduction accidentelle et de l’impact sur la qualité de vie du patient et de sa famille. Désormais, sur la base de plusieurs travaux, les allergologues conseillent une éviction seulement partielle de l’aliment allergène.
Pour cela, il faut définir « une quantité minimale tolérée », en réalisant des tests en milieu hospitalier, puis poursuivre régulièrement une dose de tolérance au retour à la maison. Cette prise en charge, parfois difficilement compréhensible par les parents, nécessite un accompagnement rigoureux dans le cadre de sessions d’éducation thérapeutique selon des règles standardisées.

› Dr B. V.

Quotimed.com, le 05/05/2010