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Comment la prévalence de l’obésité a-t-elle évolué chez les jeunes âgés de 18 à 25 ans ?

ENDOCRINOLOGIE-MÉTABOLISME NUTRITION

egora.fr Par Pr Philippe Chanson le 01-12-2021

Le début de l’âge adulte, entre l’âge de 18 ans et l’âge de 25 ans, est une période très particulière du développement caractérisée par l’exploration et les changements de vie fréquents, par exemple de l’école au travail, conduisant finalement à l’acquisition d’habitudes qui dureront toute la vie, marquant ainsi l’identité adulte.

Peu d’études ont décrit spécifiquement les caractéristiques de l’obésité au début de l’âge adulte.

A partir des données de la NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey) et ses enquêtes régulières, une équipe américaine a analysé l’évolution de l’indice de masse corporelle (IMC) au cours des années entre 1980 et 2016 dans cette population particulière.

Au cours des différentes enquêtes, 8015 jeunes adultes ont été inclus dont 3965 étaient des femmes, 3037 étaient des Noirs non hispaniques et 2386 avaient des critères de pauvreté.

En 1976 et 2018, l’IMC moyen, dans cette population a augmenté, passant de 23.1 (IC 95 % 22.9 – 23.4) dans les années 1976-1980, à 27.7 (26.2 – 29.1) en 2017-2018 (p = 0.006 pour la tendance).

En 1976 et 1980 et 2017-2018, la prévalence de l’obésité a augmenté, passant de 6.2 % (4.9 – 7.9 %) à 32.7 % (24.7 – 41.8 % ; p = 0.007) alors que la proportion de sujets avec un poids normal a diminué passant de 68.7 % (66.3 – 70.9) à 37.5 % (29.5 – 46.4 ; p = 0.005).

En revanche la proportion des patients en surpoids est restée relativement stable autour de 20 %.

Sources : Ellison-Barnes A. et al. Trends in obesity prevalence among adults aged 18 through 25 years, 1976-2018. JAMA 2021 ; 326 : 2073-2074. 

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34812876/

Les programmes de réduction pondérale en groupes semblent plus efficaces que les programmes individuels

ENDOCRINOLOGIE-MÉTABOLISME NUTRITION

egora.fr Par Pr Philippe Chanson le 01-12-2021

Il est important pour perdre du poids et prévenir ou traiter l’obésité de suivre des programmes de réduction pondérale incluant des changements de comportement vis-à-vis de l’alimentation et des conseils d’activité physique.

Cependant, la façon dont ces programmes doivent être proposés n’a pas fait réellement l’objet d’études importantes et en particulier savoir si ces programmes sont plus efficaces dans le cadre d’une intervention individuelle (entre le patient et le médecin ou entre une infirmière, une diététicienne ou un coach et le patient) ou si le programme est plus efficace lorsqu’il est proposé dans le cadre de sessions de groupe.

Une revue systématique avec méta-analyse des essais randomisés contrôlés publiée dans J Hum Nutr Diet a évalué 7 études randomisées qui avaient comparé les programmes individuels et les programmes de groupe.

Les données ont été obtenues sur 2576 sujets vivant au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Australie, en Allemagne, en Italie ou en Espagne.

Les sujets suivant des programmes de réduction pondérale en sessions de groupe avaient plus de chances de perdre au moins 5 % de leur poids corporel après un an.

En comparaison avec ceux des patients qui avaient des sessions individuelles, les patients en session de groupe prenaient en moyenne 1.9 kg en plus et avaient 58 % en plus de chances de perdre au moins 5 % de leur poids corporel.

L’une des raisons de cette différence pourrait être que la plupart des personnes suivant ces sessions en groupe passaient plus de temps avec le clinicien que ceux qui étaient traités de manière individuelle.

Ainsi, les personnes dans les groupes passaient 12 à 55 heures dans ces séances alors que ceux qui recevaient un traitement individuel n’y passaient que 2.5 à 11 heures.

Si l’on développe des programmes de réduction pondérale, il est donc vraisemblablement important de travailler sur les séances de groupe plutôt que sur les séances individuelles.

Sources : Abbott S. et al. Group versus one-to-one multi-component lifestyle interventions for weight management: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. J Hum Nutr Diet 2021 ; 34 : 485-493.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33368624/