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RESTRICTION CALORIQUE et baisse de température corporelle, une « cool connexion »…

Actualités –  publiée le 19/09/2020 par Équipe de rédaction Santélog

Science Signaling

La restriction calorique apporte une foule d'avantages pour la santé allant d'une durée de vie plus longue à une réduction considérable du risque de cancer, de maladie cardiaque, de diabète et de maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer (Visuel AdobeStock_335775375).

Cette étude passionnante du Scripps Institute (La Jolla) révèle comment une température corporelle réduite joue un rôle clé dans l’initiation des bienfaits pour la santé des régimes hypocaloriques.

L’étude, présentée dans la revue Science Signaling montre que si réduire son apport calorique de manière significative n’est pas une tâche facile pour la plupart d’entre nous, la restriction calorique apporte une foule d’avantages pour la santé allant d’une durée de vie plus longue à une réduction considérable du risque de cancer, de maladie cardiaque, de diabète et de maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer.

Et une bonne partie de ces avantages « passe » par une réduction globale de la température corporelle.

Les auteurs, les Dr Bruno Conti et Gary Siuzdak du Scripps étudient depuis des années comment et pourquoi la restriction calorique mène à une meilleure santé, dans le but ultime de traduire leurs résultats en médicaments capables d’imiter les processus naturels induits par la restriction calorique.

Ils mettent ici pour la première fois en lumière le rôle essentiel de la température corporelle dans la réalisation de ces avantages pour la santé, induits par l’alimentation. Sur la base de cette découverte, ils proposent le développement d’un composé pharmacologique capable d’imiter les effets précieux d’une température corporelle réduite.

La baisse de la température corporelle, un facteur bénéfique indépendant ?

Il a déjà été observé que lorsque les mammifères consomment moins de nourriture, leur température corporelle baisse. C’est un avantage évolutif qui nous aide à conserver de l’énergie jusqu’à ce que des aliments soient à nouveau disponibles.

Cela a du sens, étant donné que jusqu’à la moitié de ce que nous mangeons chaque jour est transformé en énergie simplement pour maintenir notre température corporelle. De précédentes recherches de la même équipe ont montré que la réduction de la température peut augmenter la durée de vie indépendamment de la restriction calorique et que ces effets impliquent l’activation de certains processus cellulaires, dont la plupart restent à identifier.

D’autres études ont montré que le fait d’empêcher la température corporelle de chuter peut contrecarrer les effets positifs de la restriction calorique.

Les métabolites détiennent la réponse à la question des facteurs en jeu : qu’est-ce qui motive les changements bénéfiques de la restriction calorique, est-ce la réduction calorique en soi, ou la baisse de température corporelle ou une combinaison des deux ?

Ici, l’équipe montre à travers une expérience chez la souris que les métabolites de souris hypocaloriques logées à température ambiante (22°) vs un autre groupe logé à 30° C ont un profil bien différent. En identifiant ces métabolites dans la circulation sanguine et dans le cerveau les chercheurs ont pu distinguer les métabolites modifiés par la réduction des nutriments ou par la réduction de la température corporelle.

« Les données montrent que la température a un effet égal ou supérieur à celui de la restriction calorique sur le métabolisme ».

Le premier profil complet des métabolites modifiés par la réduction de la température est également présenté par cette étude. En pratique, cela signifie que les scientifiques ont été capables de hiérarchiser les métabolites les plus responsables du déclenchement des changements de la température corporelle centrale.

Vers des mimétiques de la température ? Dans une autre expérience, ils montrent également qu’il est possible d’administrer certains métabolites comme médicament permettant de modifier la température corporelle.

Il faudra des recherches supplémentaires pour valider les changements induits par la température pendant la restriction calorique mais ces travaux laissent espérer de nouvelles cibles pour les futurs médicaments aux effets bénéfiques pour la santé

-sans avoir à faire baisser la température corporelle bien sûr.

Source: Science Signaling 8 Sep 2020 DOI: 10.1126/scisignal.abb2490 Metabolic adaptation to calorie restriction

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OBÉSITÉ et COVID-19 : Une sévérité expliquée par une interaction virus-bactéries… ?

Actualités  –  publiée le 19/09/2020 par Équipe de rédaction Santélog

eLife

 Les effets combinés du microbiote et de l’infection à SARS-CoV-2 dans les poumons, contribuent à expliquer la gravité de la maladie chez ces patients à comorbidités (Visuel AdobeStock_53717225).

Chez les patients souffrant d’obésité et/ou de diabète, le coronavirus « travaille » de concert avec des bactéries pour accroître la sévérité de la maladie, conclut cet examen des mécanismes liant l’obésité et le diabète au COVID-19, mené par une équipe du Texas Southwestern Medical Center (Dallas).

Ces travaux publiés dans la revue eLife, qui décrivent les effets combinés du microbiote et de l’infection à SARS-CoV-2 dans les poumons, contribuent à expliquer la gravité de la maladie chez ces patients à comorbidités.

Quels sont donc ces mécanismes qui peuvent expliquer ce risque très accru de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) après une infection par le coronavirus chez personnes atteintes d’obésité et de diabète ?  

Car si l’obésité et le diabète de type 2 sont aujourd’hui des facteurs de risque reconnus, au plan épidémiologique de gravité de COVID-19, les processus sous-jacents restent largement inconnus, relève l’auteur principal, Philipp Scherer, professeur de médecine interne et directeur du Touchstone Diabetes Center, à l’Université du Texas.

Un paradoxe de l’obésité balayé par COVID-19 ?

En effet, les personnes atteintes d’obésité et de diabète se remettent en général mieux des maladies pulmonaires mais, dans le cas de la maladie COVID-19, ces personnes apparaissent bien plus vulnérables, pourquoi ?

Ce réexamen des facteurs et les voies qui relient l’obésité et le diabète à la gravité de l’infection aboutit à 2 types de mécanismes explicatifs :

  1. ceux liés au récepteur ACE2,
  2. ceux assurant une interaction entre COVID-19 et les conditions bactériennes préexistantes.

L’hypothèse « ACE2 » : Le récepteur ACE2 présent à la surface de nombreuses cellules du corps humain et impliqué dans la régulation du flux sanguin circulant, de la pression artérielle et de la fonction des vaisseaux sanguins, est également utilisé par COVID-19 pour pénétrer dans les cellules hôtes humaines.

Une des hypothèses adoptées pour expliquer le développement de formes plus sévères est que l’augmentation des quantités d’ACE2 chez les personnes atteintes d’obésité ou de diabète facilite la pénétration du virus dans les cellules et favorise l’augmentation de la charge virale.

L’hypothèse « bactéries » : le microbiote de notre corps est un autre facteur connu pour avoir une influence sur la progression des maladies pulmonaires. Nous transportons plus de 100 milliards de milliards de bactéries dans notre corps, soit plus que nos propres cellules. On pense que les personnes atteintes d’obésité et de diabète souffrent d’une dissémination à l’échelle du corps des bactéries et des substances qu’elles produisent, ce qui favorise

une inflammation continue de bas grade dans différents tissus, dont les tissus pulmonaires.

Mais comment les bactéries hôtes peuvent-elles influencer la sévérité de la maladie COVID-19 ?

Les lipopolysaccharides produits par les bactéries pourraient « unir leurs forces avec le coronavirus » chez l’Homme et déclencher toute une cascade d’événements moléculaires qui pourraient convertir des tissus sains en tissus fibrotiques.

Ce processus, selon ces chercheurs, pourrait jouer un rôle prédominant, non seulement chez les patients obèses et diabétiques, mais aussi chez d’autres groupes à risque accru.

La combinaison d’une carence en ACE2 causée par COVID-19 et de l’obésité et/ou du diabète entraîne une altération de la fonction de la barrière intestinale, permettant aux bactéries et à leurs toxines de s’infiltrer dans la circulation.

Dans les poumons, ces bactéries et toxines agissent de concert avec le virus et de manière démultipliée, pour causer des lésions pulmonaires plus sévères.

Plusieurs expériences citées dans cette revue de la littérature, apportent une première démonstration de cet effet combiné d’une infection bactérienne et virale menant à une tempête de cytokines.

Des interactions virales-bactériennes qui pourraient également expliquer le risque accru de COVID-19 sévère observé chez les personnes âgées, en particulier chez celles souffrant de maladies cardiaques.

Source : eLife Sept, 15, 2020 doi: 10.7554/eLife.61330 Obesity and diabetes as comorbidities for COVID-19: Underlying mechanisms and the role of viral–bacterial interactions

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