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ÂGE, OBÉSITÉ : De petits ajustements de mode de vie pour de grands bénéfices vasculaires

Actualités  –  publiée le 3/08/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Circulation

De petits changements de mode de vie, tout à fait acceptables, peuvent faire une grande différence dans l'amélioration de la santé vasculaire chez les personnes âgées souffrant d'obésité (Visuel Adobe Stock 1973233639) Une image contenant texte

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Cette étude de cliniciens du Wake Forest Baptist Medical Center (Caroline du Nord) suggère que de petits changements de mode de vie, tout à fait acceptables, peuvent faire une grande différence dans l’amélioration de la santé vasculaire chez les personnes âgées souffrant d’obésité.

Réduire de 200 calories par jour ses apports caloriques, pratiquer 4 fois par semaine 30 minutes d’exercice aérobique modéré à vigoureux permet, chez la plupart de ces participants âgés et souffrant d’obésité une réduction significative de la rigidité aortique et artérielle, une mesure de la santé vasculaire.

Des données présentées dans Circulation, la revue de l’American Heart Association, qui réaffirment l’importance, « en première intention », des facteurs de mode de vie.

En fait, les chercheurs constatent ici que cette restriction calorique relativement modérée et une activité aérobie somme toute limitée ont plus d’effet sur les artères que des programmes plus intenses ou plus restrictifs.

L’auteur principal, Tina E. Brinkley, professeur agrégé de gérontologie à École de médecine de Wake Forest explique que « ces changements relativement mineurs sont plus facilement gérables donc permettent une observance plus durable ».

Des résolutions tenables valent mieux qu’un programme intensif

Cet essai contrôlé randomisé a réparti 160 adultes sédentaires, âgés de 65 à 79 ans, souffrant d’obésité (définie par un IMC de 30 à 45 kg/m2) et à 74% des femmes à 3 groupes d’intervention pendant 20 semaines :

  1. Exercice seulement,
  2. Exercice plus restriction calorique modérée,
  3. Exercice plus restriction calorique plus intensive.

Tous les participants étaient invités à suivre un entraînement d’exercice aérobie supervisé 4 jours par semaine au Centre de recherche gériatrique de la Wake Forest.

Leur santé vasculaire a été évaluée à l’aide d’une IRM cardiaque. Cette IRM a permis de préciser la structure et la fonction de l’aorte, la plus grande artère du corps, qui fournit de l’oxygène et des nutriments, du cœur aux organes clés.

Âge, obésité et rigidité artérielle :

  • Au fur et à mesure que l’aorte se raidit au cours du vieillissement, le cœur doit travailler plus fort pour pomper le sang dans tout le corps.

L’insuffisance cardiaque est une cause majeure d’événement cardiovasculaire ;

  • Parmi les facteurs de rigidité artérielle, figurent également, un indice de masse corporelle (IMC), un poids corporel élevé, un poids corporel, une masse grasse totale et abdominale, un tour de taille plus élevés ;
  • Enfin, rappellent les auteurs, cette rigidité artérielle ou aortique plus élevée est un facteur majeur de risque d’événements cardiovasculaires, notamment de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral (AVC), et de décès.

Perdre seulement 10% de poids corporel – soit en, moyenne ici environ 10 kilos sur une période de suivi de 5 mois- apparaît déjà associé à des améliorations significatives de la rigidité aortique mais uniquement chez les participants affectés au groupe exercice plus restriction calorique modérée ;

  • En effet, aucune des mesures de la rigidité aortique n’a changé de manière significative dans le groupe exercice seul ou dans le groupe exercice plus restriction calorique plus intensive ;
  • Les baisses d’IMC, de masse grasse totale, de taux de graisse, de graisse abdominale et de tour de taille apparaissent plus importantes dans les deux groupes à restriction calorique vs groupe exercice seul ;
  • La perte de poids est similaire entre les 2 groupes « restriction calorique », en dépit d’une restriction 2 fois plus intensive dans le second groupe ;
  • Le groupe avec le régime le plus restrictif ne présente pourtant aucune réduction de la rigidité aortique.

Ainsi, en matière de santé vasculaire, chez des personnes âgées et atteintes d’obésité, des changements raisonnables des mode de vie, dont une restriction calorique et une pratique de l’exercice modérées, permettent d’aboutir à de meilleurs résultats et de manière plus durable.

Source: Circulation 2 Aug 2021 DOI : 10.1161/CIRCULATIONAHA.120.051943 Effects of Exercise and Weight Loss on Proximal Aortic Stiffness in Older Adults With Obesity

COVID-19 : Les tout premiers symptômes diffèrent selon l’âge et le sexe

Actualités  –  publiée le 02 août 2021

The Lancet Digital Health

Des différences plus marquées entre les groupes d'âge plus jeunes (16-59 ans) et les groupes d'âge plus âgés (60->80 ans), et, en particulier aux premiers stades de l'infection COVID-19 (Visuel Adobe Stock 383326216) Une image contenant texte

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Différents membres d’une même famille, infectés par le virus SARS-CoV-2 ne présenteront pas les mêmes symptômes.

Pourquoi ? Parce que les premiers symptômes de COVID-19 diffèrent selon les groupes d’âge, constatent ces chercheurs du King’s College de Londres, ainsi qu’entre les hommes et les femmes.

Des différences plus marquées entre les groupes d’âge plus jeunes (16-59 ans) et les groupes d’âge plus âgés (60->80 ans), et, en particulier aux premiers stades de l’infection COVID-19.

L’étude, publiée dans le Lancet Digital Health, a été rendue possible grâce aux données de l’application Zoe COVID.

L’application britannique Zoe COVID invite ses utilisateurs à se faire tester dès l’apparition d’un symptôme évocateur de la maladie.

Les chercheurs ont modélisé ses premiers signes d’infection COVID-19, identifié les différences de symptômes par groupe de population et montré que l’application permet de détecter avec succès 80 % des cas de COVID, à partir de 3 jours de symptômes auto-déclarés.

Détecter de manière plus fine dès les premiers symptômes

Les chercheurs utilisent en fait une technique d’intelligence artificielle (IA), l’apprentissage automatique pour traiter et exploiter ces données et comparent ensuite leur système au protocole de diagnostic actuel du National Health Service UK.

Le modèle d’apprentissage automatique a également pris en compte certaines caractéristiques sociodémographiques telles que l’âge, le sexe et biologiques, comme certains marqueurs sanguins.

L’analyse de l‘ensemble de ces données révèle des différences de symptômes selon les groupes.

18 symptômes ont été examinés et leur niveau de pertinence diffère pour la détection précoce selon les groupes :

  • Dans l’ensemble, les symptômes les plus importants pour une détection précoce du COVID-19 comprennent une perte d’odorat, des douleurs thoraciques, une toux persistante, des douleurs abdominales, des cloques sur les pieds, des douleurs oculaires et des douleurs musculaires inhabituelles ;
  • La perte de l’odorat perd de sa pertinence chez les personnes de plus de 60 ans ;
  • La perte d’odorat n’est plus du tout pertinente pour les plus de 80 ans ;
  • En revanche, la diarrhée devient un symptôme majeur dans les groupes plus âgés (60-79 et >80) ;
  • La fièvre, bien qu’étant un symptôme courant, n’est une caractéristique précoce de la maladie pour aucun groupe d’âge ;
  • Les hommes sont plus susceptibles de signaler un essoufflement, de la fatigue, des frissons et des frissons,
  • Les femmes sont plus susceptibles de signaler une perte d’odorat, des douleurs thoraciques et une toux persistante.

Et avec les nouveaux variants ?

Si ces conclusions sont principalement associées à la première souche du virus et à la variante Alpha (apparue en Angleterre), les chercheurs font l’hypothèse de différences similaires avec les autres variants.

L’auteur principal, Claire Steves, professeur au King’s College de Londres conclut que

« Les symptômes peuvent varier ainsi au sein d’une même famille ».

Ces données vont contribuer à une prise en charge plus précoce des cas, notamment face aux nouvelles variantes hautement transmissibles.

Actuellement, au Royaume-Uni, seuls quelques symptômes sont utilisés pour recommander l’auto-isolement et des tests supplémentaires.

En utilisant un plus grand nombre de symptômes et seulement après quelques jours d’apparition de ces symptômes,

il va devenir possible, avec l’IA, de détecter de manière plus précoce et plus précise les cas de COVID-19 et de minimiser ainsi le risque de propagation. 

Source: The Lancet Digital Health July 29, 2021 DOI : 10.1016/S2589-7500(21)00131-X Early detection of COVID-19 in the UK using self-reported symptoms: a large-scale, prospective, epidemiological surveillance study