Actualités Santé

Ectopie testiculaire acquise : une situation souvent méconnue…

Publié le 10/08/2020

L’absence de descente des testicules à la naissance est observée chez 1 % à 6 % des nouveau-nés à terme et 45 % des prématurés. Cette situation anatomique peut se corriger spontanément dans les 6 premiers mois mais le taux exact en est diversement évalué et cette descente spontanée est très improbable à partir d’un an. L’ectopie testiculaire comporte un risque de trouble de la spermatogenèse et de dégénérescence maligne.

De ce fait, l’orchidopexie est recommandée entre 1 an et 18 mois et même actuellement avant un an. Malgré tout, beaucoup d’interventions sont pratiquées bien après cet âge. L’un des facteurs qui peut expliquer ce décalage est l’absence secondaire de descente, définie par la palpation testiculaire dans le scrotum puis l’impossibilité ultérieure de maintenir cette position de façon stable. La fréquence de cette anomalie et son rôle dans les interventions tardives sont mal connus.

Une étude Allemande apporte un éclairage sur le sujet. Elle a inclus 310 garçons opérés dans 6 hôpitaux différents en 2016 et 2018 pour testicules non descendus de façon uni ou bilatérale. Le diagnostic a été vérifié par un spécialiste hospitalier. La position anatomique antérieure du ou des testicules a été affirmée en fonction des données des examens de santé obligatoires assurés par un pédiatre à savoir : six avant l’âge d’un an puis 4 examens avant 7 ans.

Ainsi, a été établi le diagnostic de testicules primitivement ou secondairement non descendues. En parallèle, un sondage national a été effectué auprès des praticiens contactés directement et auprès des étudiants de dernière année.

Les enfants à ectopie primaire, plus souvent prématurés et avec un plus faible poids de naissance

Au moment de l’intervention, l’information sur la position antérieure des testicules non palpés depuis la naissance (forme primitive) ou secondairement ascensionnés (forme secondaire), était disponible pour 207 patients (67 %), soit 103 formes primitives et 104 secondaires.

Les enfants à ectopie primaire avaient en moyenne un poids de naissance plus petit (3166 grammes versus 3463 grammes, P=0,003), étaient plus souvent prématurés (51 % versus 34 %, P=0,02) et avaient reçu plus souvent un traitement hormonal (28 % versus 13 %, P=0,009).

La chirurgie pour ectopie secondaire est pratiquée trop tardivement

Les formes bilatérales d’ectopie testiculaire s’observaient uniquement dans les cas primaires. Ces formes primaires étaient en moyenne opérées plus tôt que les secondaires soit, respectivement, 2,21 ans versus 4,71 ans (P<0,001) mais seulement 13 % des patients ont été opérés dans leur première année de vie.

Plus de la moitié (56 %) des orchidopexies pratiquées après l’âge d’un an étaient dues à des formes secondaires. De façon étonnante, seulement 15 % des médecins considéraient que ces formes secondaires étaient une indication d’une chirurgie tardive.

En conclusion, la constatation secondaire de l’absence de descente des testicules parait plus fréquente qu’il n’était avancé et rend compte d’une proportion notable d’orchidopexies tardives. Cette situation demande à être mieux connue en pratique clinique pour une meilleure prise en charge des patients.

Pr Jean-Jacques Baudon

RÉFÉRENCE : Boehme P. et coll. : Multicenter analysis of acquired undescended testis and its impact on the timing of orchidopexie. J Pediatr 2020;223:170-177.

Copyright © http://www.jim.fr

Efficacité discutable de la gonadotrophine dans le traitement de la cryptorchidie

Antiépileptique lévétiracétam : modification des RCP…

Medscape Logo mardi 11 août 2020 –Actualités & Opinions > Actualités Medscape

Aude Lecrubier   AUTEURS ET DÉCLARATIONS  6 août 2020

Saint-Denis, France — L’antiépileptique lévétiracétam (Keppra® et génériques) peut entraîner un allongement de l’intervalle QT, selon une évaluation de l’EMA rapportée par l’ANSM [1].

L’ANSM recommande donc aux professionnels de santé « d’être prudents lors de la prescription de lévétiracétam chez les patients présentant un allongement de l’intervalle QT, en cas de prise concomitante de médicaments connus pour prolonger l’intervalle QT, et de pathologies cardiaques à risque ou de perturbations électrolytiques ».

Les Résumés des Caractéristiques du Produit (RCP) et les notices seront mis à jour pour tenir compte de ce risque.

Autres mises en garde et précautions d’emploi

Pour rappel, le lévétiracétam est un antiépileptique de deuxième génération indiqué en monothérapie dans le traitement des crises partielles avec ou sans généralisation secondaire chez l’adulte et l’adolescent et en association dans le traitement des crises partielles avec ou sans généralisation secondaire chez le nourrisson à partir de 1 mois, dans le traitement des crises myocloniques de l’épilepsie myoclonique juvénile et dans le traitement des crises généralisées tonico-cloniques primaires de l’épilepsie généralisée idiopathique, chez l’adulte et l’adolescent.

Il est disponible sous forme de solution buvable, de comprimés pelliculés ou de solution à diluer pour perfusion.

Les RCP du lévétiracétam précisent déjà qu’une augmentation du risque de dépression et de comportement suicidaire a été observée chez les patients traités par antiépileptiques, y compris le lévétiracétam. Les causes de cette augmentation ne sont pas connues. Tout changement d’humeur, détachement affectif ou difficultés de concentration doivent être rapidement signalés au médecin.

En outre, des anomalies de la numération formule sanguine ont été observées sous traitement par lévétiracétam, bien que rarement. Les patients doivent être informés qu’ils doivent contacter leur médecin en cas de fièvre, d’infections répétées, de faiblesse générale.

Aussi, une adaptation des doses peut être nécessaire en cas d’insuffisance rénale.

Enfin, il est recommandé aux patients d’être prudents lors de l’exécution de tâches délicates telles que la conduite d’un véhicule ou l’utilisation de machines. Ce médicament peut être à l’origine d’une somnolence ou d’une baisse de la vigilance.

LIENS

Citer cet article: Antiépileptique lévétiracétam : modification des RCP – Medscape – 6 août 2020.