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CAFÉ : Trop et trop longtemps, c’est parfois trop pour le cœur…

Actualités  –  Actualité publiée il y a 7 heures 34 sec

Clinical Nutrition

Une consommation trop élevée soit 6 tasses ou plus par jour, peut, à long terme augmenter le risque de maladie cardiovasculaire (Visuel Fotolia)

Globalement, les études sont favorables à une consommation raisonnable de café et font valoir ses bénéfices divers pour la santé.

Cependant, trop c’est trop, écrivent ces chercheurs de l’University of South Australia qui alertent les inconditionnels du café : une consommation trop élevée soit 6 tasses ou plus par jour, peut, à long terme augmenter le risque de maladie cardiovasculaire.

Ces résultats, oubliés dans la revue Clinical Nutrition mettent en lumière l’action spécifique du cafestol sur les niveaux de lipides sanguins.

Il s’agit d’une étude mondiale, de l’Australian Centre for Precision Health qui montre, à partir de l’analyse des données de 362.571 participants à la biobank britannique, âgés de 37 à 73 ans, qu’une forte consommation de café finit par augmenter la quantité de lipides (graisses) dans le sang, ce qui accroît considérablement le risque de maladie cardiovasculaire (MCV).

Cette corrélation est à la fois positive et dépendante de la dose cumulée.

3 milliards de tasses de café sont consommées chaque jour dans le monde

L’auteur principal, le Pr Elina Hyppönen commente ces résultats :

« Il y a de nombreux débats scientifiques sur les bénéfices et les risques du café, il est essentiel de bien comprendre comment l’une des boissons les plus consommées au monde peut avoir un impact sur notre santé ».

Ici, les chercheurs ont examiné les associations génétiques et phénotypiques entre la consommation de café et les profils lipidiques plasmatiques (cholestérol et graisses du sang) et identifié des liens de causalité entre la consommation régulière de grandes quantités de café et un profil lipidique indésirable -associé à un risque accru de maladie cardiaque.

Le cafestol en question : 

Cette corrélation n’est pas surprenante pour les chercheurs car les grains de café contiennent un composé très puissant qui élève le cholestérol, le cafestol.

Ce composé est principalement présent dans les espressos, qui sont la base de la plupart des cafés servis dans à l’extérieur, mais aussi dans les lattés et les cappuccinos.

Alors en cas de taux de cholestérol élevé ?

Les chercheurs recommandent aux personnes qui ont un taux de cholestérol élevé ou encore un risque accru de maladie cardiaque de choisir soigneusement leur type de café.

À noter : à l’échelle mondiale, environ 3 milliards de tasses de café sont consommées chaque jour.

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès dans le monde, faisant environ 17,9 millions de morts chaque année.

Source: Clinical Nutrition January 10, 2021 DOI: 10.1016/j.clnu.2020.12.042 Habitual coffee intake and plasma lipid profile: Evidence from UK Biobank

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MALADIE CARDIAQUE : Alcool, tabac et drogues, les substances qui multiplient le risque par 9…

Actualités  –  publiée le 27/02/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Heart

Les jeunes qui consomment régulièrement 4 substances ou plus encourent un risque multiplié par 9 de développer une maladie cardiaque précoce (Visuel Fotolia 160814219)

Les jeunes qui consomment régulièrement 4 substances ou plus encourent un risque multiplié par 9 de développer une maladie cardiaque précoce, alerte cette équipe de la Louisiana State University (LSU).

Ainsi l’excès d’alcool, le tabagisme et la consommation de drogues à des fins récréatives sont liées à un risque cardiaque accru chez les jeunes, et en particulier chez les jeunes femmes, alerte l’étude publiée dans la revue Heart.

De nouvelles données qui éclairent l’incidence croissante de la maladie cardiovasculaire athéroscléreuse chez les jeunes femmes.

La cardiopathie extrêmement prématurée ou précoce a été définie comme un événement de type crise cardiaque, angine de poitrine ou un accident vasculaire cérébral avant l’âge de 40 ans, tandis que la cardiopathie prématurée a été définie comme un événement avant l’âge de 55 ans chez les hommes et avant l’âge de 65 ans chez les femmes.

On n’a qu’une jeunesse, il faut savoir ménager son cœur

L’équipe s’est penchée sur l’usage récréatif du tabac, du cannabis, de l’alcool et de substances illicites, telles que les amphétamines et la cocaïne et a regardé l’association possible avec la survenue précoce ou extrêmement précoce de tels événements, à partir de l’analyse des données 2014-2015 de 2 grands registres portant sur les maladies cardiaques.

La comparaison d’usage de substance a ainsi été effectuée entre 135.703 participants ayant souffert de cardiopathie prématurée et 7.716 de cardiopathie extrêmement prématurée, et 111.245 participants exempts de cardiopathie prématurée.

  • L’usage récréatif de toute substance s’avère indépendamment associé à un risque accru de maladie cardiaque prématurée et extrêmement prématurée ;
  • les patients atteints d’une maladie cardiaque prématurée sont plus susceptibles de fumer (63% vs 41%), de consommer de l’alcool (32% vs 15%) et de consommer de la cocaïne (13% vs 2,5%), des amphétamines (3% vs 0,5%) et du cannabis (12,5% vs 3%) ;
  • après prise en compte des facteurs de confusion possibles, dont que l’hypertension artérielle, le diabète et l’hypercholestérolémie, les fumeurs sont 2 fois plus susceptibles d’avoir une maladie cardiaque prématurée, ceux qui consomment de l’alcool à des fins récréatives, 50% plus susceptibles d’avoir une maladie cardiaque prématurée ;
  • les consommateurs de cocaïne ont un risque multiplié par 2,5 d’avoir une maladie cardiaque prématurée, ceux qui consomment des amphétamines, multiplié par près de 3 ;
  • les consommateurs de cannabis sont plus de 2,5 fois plus susceptibles d’avoir une maladie cardiaque prématurée ;
  • enfin, plus le nombre de substances utilisées à des fins récréatives est élevé, plus le risque de maladie cardiaque prématurée l’est aussi : allant du double avec l’utilisation d’une substance à un risque multiplié par 9 en cas d’usage de 4 substances ou plus ;
  • les mêmes tendances sont observées en cas de maladie cardiaque extrêmement prématurée : la consommation de substances à des fins récréatives étant associée à une probabilité de 1,5 à 3 fois plus élevée de maladie cardiaque ;
  • enfin, ces associations sont particulièrement fortes chez les jeunes femmes atteintes d’une cardiopathie prématurée et extrêmement prématurée.

Il s’agit d’une étude observationnelle qui ne démontre pas le lien de causalité. 

Cependant, son échantillon très large ne laisse que peu de place au doute.

Le signal d’alerte est lancé, en particulier à destination des jeunes femmes, mais pas seulement.

« Young at heart ? », écrivent les auteurs, qui ajoutent :

« On n’a qu’une jeunesse et on doit faire tout notre possible pour maintenir cet état aussi longtemps que possible ».

Source: Heart Feb 2021 DOI: 10.1136/heartjnl-2020-318856 Young at heart? Drugs of abuse cause early-onset cardiovascular disease in the young