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COVID-19 : Les poumons en soufflent encore un an plus tard

Actualités  –  publiée le 13/05/2021 par Équipe de rédaction Santélog

The Lancet Respiratory Medicine

Un tiers des patients hospitalisés pour une forme grave de COVID-19 présentent toujours des anomalies pulmonaires un an plus tard (Visuel Adobe Stock 331045992)

Un tiers des patients hospitalisés pour une forme grave de COVID-19 présentent toujours des anomalies pulmonaires un an plus tard, constate cette équipe de médecins de l’Université de Southampton.

L’étude, publiée dans le Lancet Respiratory Medicine confirment que la plupart de ces patients hospitalisés pour des formes plus sévères ont retrouvé la santé cependant des mois après leur récupération, leurs poumons ont toujours des marques de la maladie.

Les personnes sont le plus souvent hospitalisées pour une infection au COVID-19 en cas de troubles respiratoires. Si des progrès considérables ont été réalisés dans la prise en charge de la pneumonie aiguë et de la détresse pulmonaire associées au COVID-19, on en sait encore peu sur la récupération et l’éventuelle persistance des lésions pulmonaires et des symptômes respiratoires.

Suivre ces patients sur le long terme

Les chercheurs britanniques avec leurs collègues de Wuhan, ont enquêté sur le cours naturel de la guérison d’une pneumonie sévère associée au COVID-19 sur une durée d’1 an après l’hospitalisation, chez 83 patients recrutés à leur sortie de l’hôpital et évalués à 3,6 et 12 mois.

Chaque évaluation comprenait des mesures du fonctionnement des poumons, une tomodensitométrie et un test de marche.

Cette analyse montre :

  • à 12 mois, une amélioration des symptômes chez la plupart des participants, avec
  • une récupération de la capacité d’exercice,
  • mais des changements persistants aux poumons toujours perceptibles au scanner.
  • à 12 mois, la majorité des patients se sont complètement rétablis,
  • cependant, 5% des patients signalent encore un essoufflement ;
  • un tiers des participants présentent toujours une fonction pulmonaire réduite, en particulier en termes de transfert de l’oxygène des poumons dans le sang – un symptôme plus fréquemment observé chez les femmes que chez les hommes ;
  • chez 25% des patients, le scanner détecte des zones anormales dans les poumons, en particulier chez les patients ayant développé les complications pulmonaires les plus sévères.

En conclusion, « la majorité des patients atteints de pneumonie sévère suite au COVID se rétablissent complètement, même si pour certains, cela prend plusieurs mois.

Chez un petit nombre de patients, les poumons portent encore les traces de la maladie, une année plus tard.

Nous devrons regarder ce qui se passe au-delà de 12 mois », commente l’auteur principal, le Dr Mark Jones, professeur agrégé en médecine respiratoire à l’Université de Southampton.

Les implications comprennent la nécessité d’un suivi respiratoire de routine de ce groupe de patients et suggèrent que des programmes d’exercice pourraient aider à une récupération plus rapide.

Source: The Lancet Respiratory Medicine May 05, 2021 DOI: 10.1016/S2213-2600(21)00174-0 3-month, 6-month, 9-month, and 12-month respiratory outcomes in patients following COVID-19-related hospitalisation: a prospective study

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COVID LONG : L’exercice fait partie de la récupération

Actualités – publiée le 13/05/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Chronic Respiratory Disease

L'exercice permet d’accélérer la récupération des patients présentant des symptômes persistants du COVID (Visuel Adobe Stock 319021838)

L’exercice permet d’accélérer la récupération des patients présentant des symptômes persistants du COVID, conclut cette équipe du National Institute for Health Research (NIHR) Leicester Biomedical Research Center, dans la revue Chronic Respiratory Disease.

Les participants non seulement présentent une réduction de leurs symptômes respiratoires mais gagnent en bien-être et en qualité de vie.

La réadaptation par l’exercice fait partie des approches centrées sur le patient pour traiter de nombreux symptômes du COVID long

Dans cet essai, 30 patients atteint de « COVID long » qui ont terminé un programme d’exercice supervisé de 6 semaines présentent une amélioration significative de la capacité d’exercice, une réduction de leurs symptômes respiratoires et de la fatigue et une récupération de la cognition.

Les participants, âgés en moyenne de 58 ans, à 50% des hommes, ont été recrutés par évaluation de suivi à la sortie de l’hôpital, en face à face ou par l’intermédiaire de leur médecin généraliste.

Tous les participants présentaient des symptômes physiques et / ou psychologiques qui affectaient leurs activités quotidiennes. 97% de ces participants avaient été hospitalisés pour COVID-19 durant une moyenne de 10 jours, 14% avaient reçu une ventilation mécanique et avaient été pris en charge en USI. 4 d’entre eux avaient une maladie respiratoire préexistante.

Le programme comportait des séances de rééducation physique en face à face, 2 fois par semaine sur une période de six semaines, avec des exercices d’aérobie, tels que la marche sur tapis roulant, des exercices de musculation des bras et des jambes.

Les participants ont également bénéficié de conseils pour mieux gérer leurs symptômes.

Ce programme permet :

  • Une amélioration statistiquement significative de la capacité d’exercice, mesurée par les scores de distance parcourue et d’endurance ;
  • Les niveaux de fatigue sont réduits (de 5 points sur l’échelle FACIT : Functional Assessment of Chronic Illness Therapy) au cours de la période de 6 semaines ;
  • Les participants déclarent une amélioration de leur bien-être général et de leur cognition. Ces données auto-déclarées sont confirmées avec des outils d’évaluation clinique standards.

L’auteur principal, le Dr Enya Daynes, kinésithérapeute spécialiste de la réadaptation pulmonaire rappelle qu’il existe de grandes similitudes de symptômes et de besoins de rééducation entre les survivants d’un COVID sévère et des patients atteints affections respiratoires chroniques.

Il existe donc déjà des programmes de rééducation qui peuvent être bénéfiques pour ces survivants.

« Nous constatons en effet ici des améliorations significatives des résultats cliniques et de la qualité de vie ».

De plus, dans cet essai, aucun participant n’a abandonné le programme en cours de route, ce qui suggère que les patients ont trouvé le traitement acceptable et bénéfique.

 « On craint parfois que la réadaptation aggrave ou déclenche des symptômes de fatigue post-virale et que la thérapie par l’exercice puisse exacerber la fatigue.

Cependant, cette étude démontre le contraire : les symptômes sont réduits.

Un programme de réadaptation pulmonaire adapté peut donc faire partie des approches centrées sur le patient pour traiter de nombreux symptômes du COVID long ».

Source: Chronic Respiratory Disease Jan-Dec 2021 DOI : 10.1177/14799731211015691 Early experiences of rehabilitation for individuals post-COVID to improve fatigue, breathlessness exercise capacity and cognition – A cohort

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