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GROSSESSE et DÉPRESSION : Antidépresseurs et risque de troubles affectifs chez l’enfant… ?

Actualités  –  publiée le 17/04/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Neuropsychopharmacology

Le risque de troubles affectifs chez l'enfant semble associé non pas au médicament, mais à la santé mentale des parents (Visuel Adobe Stock 138952685)

La question a été documentée par de très nombreuses recherches, mais la réponse reste toujours incertaine.

Quels effets indésirables possibles des antidépresseurs durant la grossesse ?

Quelles implications pour les résultats de santé de la mère comme de l’enfant ?

Le rapport bénéfice-risque reste-t-il toujours positif en cas de dépression majeure chez la mère ?

Cette équipe de la Mount Sinai School of Medicine associe ici, dans la revue Neuropsychopharmacology, le risque de troubles affectifs chez l’enfant, non pas au médicament, mais à la santé mentale des parents.

L’auteur principal, le Dr Anna Rommel, professeur au Département de Psychiatrie du Mount Sinai Health System rappelle la prévalence des troubles dépressifs majeurs soit 1 personne sur 5 au moins une fois au cours de la vie.

Cette prévalence est près de 2 fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes et en particulier au cours de la période périnatale : une femme sur 10 éprouve des symptômes dépressifs durant sa grossesse.

Les antidépresseurs sont généralement administrés en première intention, y compris pendant la grossesse, soit pour prévenir la récidive de la dépression, soit comme traitement aigu chez les patients qui développent une dépression majeure.

La maladie mentale des parents explique principalement le risque de troubles affectifs chez l’enfant

L’utilisation d’antidépresseurs pendant la grossesse est courante, cependant, alors que les antidépresseurs traversent le placenta et la barrière hémato-encéphalique, il existe de nombreuses préoccupations quant aux effets possibles à court (résultats de naissance) et à long terme (santé mentale de l’enfant) de l’exposition intra-utérine aux antidépresseurs chez l’enfant à naître.

L’étude a suivi plus de 42.000 bébés nés entre 1998 et 2011 pendant 18 ans pour vérifier si l’exposition in utero aux antidépresseurs augmentait le risque de troubles affectifs tels que dépression et anxiété chez l’enfant, plus tard dans la vie.

L’analyse constate que :

  • les enfants de mères sous antidépresseurs pendant la grossesse présentent en effet un risque plus élevé de troubles affectifs vs les enfants dont les mères ont arrêté les antidépresseurs avant la grossesse ;
  • l’utilisation d’antidépresseurs paternels pendant la grossesse est tout autant associée à un risque plus élevé de troubles affectifs chez l’enfant ;
  • ainsi, plutôt que d’être un effet de l’exposition in utero aux antidépresseurs pris par la mère, ce risque accru de troubles affectifs semble plutôt lié à la maladie mentale parentale ;

« Environ la moitié des femmes qui utilisent des antidépresseurs avant la grossesse décident d’arrêter de les utiliser avant ou pendant la grossesse en raison de ces préoccupations concernant des conséquences négatives possibles pour leur enfant », explique l’auteur principal, le Dr Anna-Sophie Romel, du Département de psychiatrie de l’Icahn School :

« Cette étude n’apporte

pas de preuves de relation de cause à effet entre l’exposition in utero aux antidépresseurs et les troubles affectifs chez l’enfant.

Si d’autres effets à long terme de l’exposition intra-utérine aux antidépresseurs restent à étudier, nos travaux soutiennent la poursuite du traitement antidépresseurs chez les femmes enceintes présentant des symptômes sévères ou un risque élevé de rechute ».

Une maladie psychiatrique non traitée pendant la grossesse peut avoir des conséquences négatives sévères sur la santé et le développement de l’enfant.

Source: Neuropsychopharmacology 05 April 2021 DOI : 10.1038/s41386-021-01005-6 Long-term prenatal effects of antidepressant use on the risk of affective disorders in the offspring: a register-based cohort study

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MÉNOPAUSE : Pouvoir prédire sa survenue, c’est possible…

Actualités  –  publiée le 17/04/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Menopause

Est-il possible de prédire quand une femme va vivre sa ménopause ?  (Visuel Fotolia 124642555)

Est-il possible de prédire quand une femme va vivre sa ménopause ?

Cette équipe de l’Université de l’Ohio précise les facteurs prédictifs de la transition vers la ménopause.

Les conclusions publiées dans Menopause, le journal de la North American Menopause Society (NAMS), pourront aider les cliniciens à choisir les bonnes options contraceptives et les traitements des symptômes de la ménopause.

Les facteurs qui affectent l’âge de la ménopause naturelle constituent un sujet de recherche « de toujours » et non sans raison : savoir quand une femme va commencer sa ménopause est utile à des fins de planification familiale, mais pas seulement.

La ménopause constitue en effet un tournant en matière de risques de  santé tels que la maladie cardiométabolique, la dépression, l’ostéoporose ou même le déclin cognitif.

Le mode de vie compte aussi

La capacité de prédire avec précision l’âge d’une femme à la ménopause naturelle reste difficile en raison des variations individuelles de la durée de vie reproductive des femmes, ainsi que de la longueur de la transition vers la ménopause.

Si de précédentes recherches se sont concentrées sur quelques biomarqueurs, cette étude a analysé un ensemble complet de prédicteurs possibles pour aboutir à un modèle de prédiction de l’âge de la ménopause.

Quels prédicteurs ?

  • Des niveaux plus élevés d’estradiol et d’hormone folliculo-stimulante (FHS),
  • des cycles menstruels irréguliers,
  • des symptômes courants de la ménopause (bouffées de chaleur par exemple),

apparaissent comme les principaux signes prédictifs de l’arrivée de la ménopause.

Les habitudes de vie et des facteurs socio-économiques tels que la consommation d’alcool, le tabagisme, les interactions sociales, l’activité physique et l’utilisation de la contraception hormonale ont une influence considérable sur l’âge d’entrée dans la ménopause.

Ainsi, cette petite étude révèle les principaux signes qui peuvent annoncer la ménopause.

Pour les médecins, pouvoir en identifiant ces signes avec les patientes, prévoir l’arrivée de la ménopause, permettrait de mieux les informer sur la prévention possible de nombreux problèmes de santé, dont le risque augmente à la ménopause.

Source: Menopause via The North American Menopause Society (NAMS) APRIL 14, 2021Is It Possible to Predict When a Woman Will Enter Menopause?

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