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Un test sanguin pour prédire plus précisément la date d’accouchement

GYNÉCOLOGIE-OBSTÉTRIQUE  –  Par Marielle Ammouche le 11-05-2021

egora.fr

Actuellement basée sur la date des dernières règles et l’échographie, la date présumée d’un accouchement reste peu fiable, et les obstétriciens donnent généralement aux femmes enceintes, une fenêtre de 5 semaines : de trois semaines avant à deux semaines après la date prévue d’accouchement à partir des données échographiques et cliniques.

Pouvoir préciser ce terme constituerait un véritable atout en matière d’organisation, que ce soit au niveau familial ou des maternités, mais aussi sur le plan sanitaire, en cas d’accouchement prévu prématuré.

Une équipe de chercheurs franco-américaine de l’Université de Stanford (Californie) vient de faire un pas important en ce sens.

Les scientifiques se sont, en effet, attachés à mieux comprendre les processus biologiques à l’origine du travail et de l’accouchement.

Et ils ont réussi à mettre en évidence des marqueurs sanguins, qui apparaissent quelques semaines avant l’accouchement. 

« Cette prédiction est indépendante de la durée de la grossesse » précise le Dr Brice Gaudillière, leader de l’étude et professeur associé en Anesthésie à Stanford.

Cette transition biologique est caractérisée par des modifications des taux d’hormones stéroïdiennes circulantes, des facteurs de croissance et des voies de signalisation immunitaire, qui se produisent deux à quatre semaines avant que la patiente ne débute le travail.

Ainsi, environ trois semaines avant l’accouchement, le corps d’une femme enceinte passe à une phase « pré-accouchement » caractérisée par des modifications des signaux immunitaires, hormonaux et de la coagulation sanguine.

Pour cela, les chercheurs ont suivi 63 femmes pendant les 100 derniers jours de leur grossesse.

Leur sang a été prélevé pour analyse deux à trois fois avant l’accouchement.

Chaque échantillon de sang a donné lieu à la mesure de 7 142 paramètres métaboliques, protéiques et immunitaires. Les chercheurs ont alors identifié, par modélisation mathématique, la signature biologique permettant de réduire la fenêtre de prédiction du début du travail à 2 semaines, en cas de grossesse non pathologique.

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Ainsi, en plus des pics hormonaux (progestérone, cortisol), les chercheurs ont observé des niveaux décroissants de facteurs impliqués dans la formation de vaisseaux sanguins, « probablement une première étape vers l’affaiblissement de la connexion entre le placenta et l’utérus » explique l’Université de Stanford, ainsi qu’une augmentation de certains facteurs de la coagulation sanguine, potentiellement pour prévenir la perte de sang après l’accouchement.

Certaines protéines placentaires étaient également augmentées.

Des modifications immunitaires étaient aussi présentes, concernant en particulier une protéine immunitaire régulatrice, IL-1R4, qui inhibe une molécule inflammatoire appelée IL-33.

Les chercheurs pensent que cet intervalle de 2 semaines, qu’ils ont trouvé, pourrait encore diminuer au fur et à mesure que la technique s’améliorera.

Ils espèrent qu’un test fiable pourra être mis au point d’ici deux à trois ans pour la pratique courante.

Sources : 

Communiqué de Stanford Medicine, 5 mai 2021. Science Translational Medicine, 5 mai 2021

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Traitement hormonal, santé mentale et qualité de vie chez les transgenres

ENDOCRINOLOGIE-MÉTABOLISME

egora.fr Par Pr Philippe Chanson le 10-05-2021

Chez les transgenres, lorsque le recours médical est demandé, un traitement hormonal utilisant des estrogènes et des anti-androgènes chez les femmes transgenres et la testostérone chez les hommes transgenres constituent souvent une priorité.

Quel est l’effet de ce traitement hormonal sur les aspects psychologiques et la qualité de vie des patients transgenres ?  

Afin de répondre à cette question, une équipe américaine de Johns Hopkins University a repris toutes les études publiées évaluant la qualité de vie, la dépression, l’anxiété et le décès par suicide dans le contexte d’un traitement hormonal chez des sujets transgenres, quel que soit l’âge, et en a fait une méta-analyse.

Vingt études rapportées dans 22 publications ont été incluses.

Quinze étaient des essais cliniques ou des cohortes prospectives, une était une cohorte rétrospective et quatre étaient des études transversales.

Certaines avaient évalué la qualité de vie, d’autres la dépression ou l’anxiété et une le décès par suicide. Trois études ne s’intéressaient qu’aux transgenres féminines, sept aux transgenres masculins et dix comportaient les deux.

Enfin, trois études s’intéressaient aux adolescents.

Le traitement hormonal est associé à une amélioration de la qualité de vie, et à une diminution de la dépression et de l’anxiété.

Les associations sont similaires quelle que soit l’identité du genre et l’âge.

Cette conclusion est vraisemblablement limitée par un haut risque de biais dans le dessin des études, la taille des échantillons et les facteurs confondants.

Il n’est pas possible de tirer de conclusion sur les décès par suicide.

Il faut maintenant que les bénéfices psychologiques du traitement hormonal chez les transgenres soient analysés de manière prospective sur un nombre plus important de patients avec un dessin d’étude plus précis afin de mieux comprendre l’effet du traitement hormonal.

Sources: Baker K.E. et al. Hormone therapy, mental health, and quality of life among transgender people: a systematic review. J Endocr Soc 2021 ; 5 : 1-16.  

https://academic.oup.com/jes/article/5/4/bvab011/6126016