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Antibiotiques : les médecins confrontés aux demandes insistantes des patients

Revue de presse Mediscoop du 19-01-2022

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Par Mme Aude Rambaud (Saint-Germain-en-Laye) [Déclaration de liens d’intérêts] –

Date de publication : 19 janvier 2022

Trois quarts des antibiotiques vendus en France sont prescrits par les médecins généralistes.

Une étude de la DREES révèle bien des difficultés pour les médecins à réduire leurs prescriptions d’antibiotiques alors qu’une majorité estiment qu’ils pourraient le faire en théorie.

Dans les faits, 82% ont du mal à refuser la demande du patient, soit par peur de suivi médico-légal, parce que le patient ira demander ailleurs ou par difficulté à partager la décision médicale.
Les participants au quatrième Panel d’observation des pratiques et des conditions d’exercice en médecine générale de la Drees ont été interrogés entre avril et juillet 2021 sur leurs perceptions à propos de l’antibiorésistance et sur leurs prescriptions d’antibiotiques.

En juillet 2021, un médecin généraliste libéral sur deux déclarait avoir été confronté, au cours des trois derniers mois, à des problèmes d’antibiorésistance au sein de sa patientèle.

Si la quasi-totalité des médecins estiment avoir un rôle à jouer contre la résistance aux antibiotiques, huit sur dix indiquent être en difficulté pour refuser un antibiotique aux patients qui leur en demandent.

Pour 18% d’entre eux, c’est en raison de craintes de conséquences médico-légales s’ils n’en prescrivent pas, ou parce que les patients s’adresseront à un confrère en cas de refus de prescription de leur part.

Et la quasi-totalité des médecins est confrontée à des patients leur réclamant un traitement antibiotique lors d’une infection virale.

Pour éclairer leur décision au regard des antibiotiques, 60% font appel régulièrement au site Antibioclic et la moitié au dosage de la protéine C-réactive.

Vis-à-vis de la prescription d’antibiotiques, seulement 7% des médecins sont enclins à partager la décision médicale avec leur patient et un quart y sont peu disposés. Les deux tiers restants sont dans une position intermédiaire.

Malgré les difficultés rencontrées, en 2020, 68% des participants déclaraient avoir atteint un objectif cible de la rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) concernant les antibiotiques.

Source : Un médecin généraliste sur deux est confronté à des problèmes d’antibiorésistance – DREES, Janvier 2022

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ALZHEIMER : Fréquence cardiaque élevée et risque de démence

Actualités  –  publiée le 19/01/2022 par Équipe de rédaction Santélog

Alzheimer’s & Dementia

C'est la première étude à associer une fréquence cardiaque élevée à un risque accru de démence et de maladie d'Alzheimer (Visuel Adobe Stock 139996162) Une image contenant texte

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Si la santé cérébro-vasculaire est aujourd’hui bien documentée comme un facteur de démence et d’Alzheimer, c’est la première étude à associer une fréquence cardiaque élevée à un risque accru de démence.

Cette équipe de neurobiologistes de l’Institut Karolinska incite ainsi, dans la revue Alzheimer’s & Dementia, à surveiller une fréquence cardiaque au repos élevée chez les personnes plus âgées.

La prévalence de la démence pourrait atteindre 140 millions de personnes dans le monde d’ici 2050, vs 55 millions en 2020 ; et pourtant il n’existe à l’heure actuelle aucun remède efficace contre la maladie.

Des études de plus en plus nombreuses cependant sensibilisent au maintien d’un mode de vie sain et d’une bonne santé cardiovasculaire entre autres objectifs, pour retarder le développement du déclin cognitif et de la démence.

L’auteur principal, Yume Imahori, chercheur postdoctoral au Département de neurobiologie du Karolinska Institutet précise ainsi qu’alors que la fréquence cardiaque au repos est facile à mesurer et peut être abaissée par l’exercice ou un traitement médical, ces données vont aider à identifier les personnes présentant un risque plus élevé de démence pour une intervention précoce.

La fréquence cardiaque au repos est marqueur facile à mesurer

L’étude a recueilli la fréquence cardiaque au repos de 2.147 participants âgés de 60 ans ou plus, suivis durant 12 ans, et regardé si la fréquence cardiaque était liée à la démence et au déclin cognitif indépendamment d’autres facteurs de risque connus, tels que la maladie cardiovasculaire.

L’analyse confirme que :

  • Une fréquence cardiaque au repos de 80 battements par minute ou plus est associée à un risque de démence accru de 55% vs une fréquence cardiaque de 60 à 69 battements par minute ;
  • Cette association vaut toujours après prise en compte de facteurs de confusion possibles, dont les maladies cardiovasculaires.

Un marqueur très plausible du risque de démence : si ces résultats pourraient avoir été affectés par des événements cardiovasculaires non détectés et des décès de participants atteints de maladies cardiovasculaires au cours de la période de suivi, si l’étude n’établit pas de relation causale, elle alerte sur ce signe plausible de risque : plausible en raison de maladies cardiovasculaires sous-jacentes à une fréquence cardiaque élevée, en raison de facteurs de risque cardiovasculaire dont la rigidité artérielle, ou encore en raison d’un déséquilibre entre les activités nerveuses sympathiques et parasympathiques.

De prochaines études vont donc devoir encore valider que la fréquence cardiaque au repos est bien un marqueur fidèle de risque de démence, donc de détection précoce, avec un impact substantiel probable sur le traitement précoce et la qualité de vie.

Source: Alzheimer’s & Dementia 3 Dec, 2021 DOI: 10.1002/alz.12495 Association of resting heart rate with cognitive decline and dementia in older adults: a population-based cohort study