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EXPOSITION au PLOMB : Stress physiologique et troubles du comportement

Actualités  –  publiée le 15/05/2022 par Équipe de rédaction Santélog

Environmental Research

Le plomb peut provoquer des déficits neurocognitifs et des troubles cardiovasculaires et métaboliques mais également une réponse au stress anormale chez les enfants et les adolescents (Visuel Fotolia 118873011) Une image contenant texte

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Cette équipe de l’École d’infirmières de l’Université de Pennsylvanie rappelle que le plomb est un neurotoxique environnemental qui peut provoquer des déficits neurocognitifs et des troubles cardiovasculaires et métaboliques.

Si l’association entre l’exposition au plomb et le QI des enfants a déjà été étudiée, 3 nouvelles recherches révèlent et précisent les effets du plomb dans le sang, sur la réponse physiologique au stress chez les enfants et les adolescents.

Ces données, présentées dans les revues Environmental Research et dans l’International Journal of Hygiene and Health, mettent en lumière les conséquences, multiples et sévères de l’exposition au plomb à l’enfance, conséquences du saturnisme, qui persistent à l’âge adulte.

Jusqu’à présent peu d’études avaient décrypté les effets de l’exposition au plomb sur la réponse au stress physiologique, un mécanisme sous-jacent d’effets néfastes, ou bénéfiques, sur la santé.

Ces études apportent de nouvelles preuves suggérant que cette exposition, au cours de la petite enfance est significativement associée à une réponse dérégulée au stress.

Des implications pour le développement et le comportement, à long terme

Comprendre pour mieux cibler le stress : c’est l’objectif de cette équipe, pour pouvoir ensuite réduire les effets nocifs de l’exposition au plomb pour les enfants les plus à risque, en général de foyers plus défavorisés.

L’équipe travaille sur ce sujet avec des collègues du China Jintan Child Health Project, financé par les NIH, qui suit plus de 1.000 enfants à Jintan, en Chine, de la maternelle à l’adolescence, pour comprendre l’influence de l’exposition au plomb environnemental sur leur développement et leur comportement.

Plomb et stress physiologique : les mécanismes biologiques qui sous-tendent la relation entre une exposition au plomb et la réponse au stress ont été peu étudiés et restent mal compris.

L’auteur principal, Olivia M. Halabicky, chercheur à la « Penn Nursing » rappelle qu’une réponse au stress anormale est pourtant associée à une multitude de conséquences néfastes sur la santé, dont le risque de maladies cardiovasculaires et métaboliques, d’altération du développement neurologique et de plus mauvais résultats neurocognitifs.

Deux études confirment ces effets, à vie, de l’exposition au plomb durant l’enfance et l’adolescence.

Plomb et comportement antisocial : une 3è étude révèle que l’exposition au plomb d’adolescents âgés de 11 et 12 ans est positivement corrélée à la fois à plus d’adversité sociale et à un comportement extraverti, et confirme que les niveaux de plomb dans le sang médient cette relation anormale aux autres et à la société.

Des implications importantes en santé publique et environnementale qui illustrent également la relation étroite entre inégalités sociales, saturnisme, et résultats de santé, en particulier chez les plus jeunes.

Plus concrètement, il s’agit de poursuivre la « chasse au plomb » dans l’environnement des enfants afin de réduire le risque de troubles du comportement, à l’adolescence et d’intégration sociale, plus tard dans la vie.

Sources:

Lire aussi : PLOMB: Exposition maternelle et obésité chez l’enfant

L’OXYGÉNOTHÉRAPIE HYPERBARE contre la dépendance aux opioïdes

Actualités  –  publiée le 15/05/2022 par Équipe de rédaction Santélog

Journal of Addictions Nursing

L'oxygénothérapie hyperbare, qui consiste à respirer de l'oxygène pur dans un environnement sous pression, est décrite comme prometteuse pour le traitement de la dépendance aux opioïdes (Visuel Adobe Stock 486483740) Une image contenant texte

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L’oxygénothérapie hyperbare, qui consiste à respirer de l’oxygène pur dans un environnement sous pression, est décrite comme prometteuse pour le traitement de la dépendance aux opioïdes, c’est la conclusion de ces addictologues, médecins et infirmiers du Spokane Hyperbaric Center (Washington).

2 études publiées dans le Journal of Addictions Nursing montrent que l’oxygénothérapie hyperbare permet de réduire les doses de méthadone et de mieux gérer la douleur et les symptômes de sevrage.

L’oxygénothérapie hyperbare permet de compléter l’action de la méthadone : « alors que la méthadone aide les personnes dépendantes aux opioïdes à se stabiliser et à reprendre leur vie normale, c’est toujours un opioïde qu’elles prennent tous les jours », relève le Dr Matthew Layton, professeur à la Washington University, et co-auteur de l’étude.

Environ la moitié des patients sous traitement veulent arrêter la méthadone pour différentes raisons, mais beaucoup qui essaient finissent par rechuter.

Ces nouvelles études suggèrent que l’oxygénothérapie hyperbare est un outil complémentaire et non pharmacologique pour aider les patients à arrêter ou réduire leur traitement à la méthadone.

L’oxygénothérapie facilite le sevrage, évite la rechute

Une première étude pilote menée avec 31 participants constate que les personnes ayant reçu une oxygénothérapie hyperbare dans le cadre d’un programme planifié de réduction de la méthadone sont capables de maintenir une réduction significativement plus importante, précisément de 4,3 mg, 3 mois après l’étude (et donc le traitement), par rapport à 0,25 mg chez les participants témoins.

Les participants ayant bénéficié de l’oxygénothérapie hyperbare signalent également la moitié du niveau de symptômes de sevrage ressenti par les participants témoins, après seulement une journée d’oxygénothérapie hyperbare.

La deuxième étude ou petit essai contrôlé randomisé mené auprès de 8 participants a regardé le soulagement des symptômes de sevrage.

L’analyse révèle que les participants du groupe de traitement par oxygénothérapie hyperbare bénéficient d’une forte réduction des niveaux de douleur et du « craving » ou envie de substance, vs les participants témoins ayant reçu un mélange d’oxygène équivalent à l’air ambiant délivré à une pression atmosphérique normale.

Chez les participants traités, d’autres facteurs se sont également améliorés, dont la qualité du sommeil et de l’humeur.

La juste dose de méthadone : il peut être difficile pour ces patients de trouver la bonne dose pour stabiliser les symptômes, donc certains patients, même sous méthadone, peuvent ressentir des symptômes de sevrage- qui peuvent dans certains cas être suffisamment graves pour les inciter à reprendre des drogues ou à abandonner le traitement.

L’oxygénothérapie peut alors apporter la réduction nécessaire des symptômes de douleur et permettre une bonne observance du traitement.

Ces premiers résultats encourageants sur les effets bénéfiques de l’oxygénothérapie hyperbare chez ce groupe de patients ont déjà motivé un essai clinique plus large avec un suivi de plusieurs années.

Alors que la technique s’était déjà montrée prometteuse chez un modèle animal d’addiction aux opioïdes, les chercheurs étaient « impatients de voir si cela fonctionnerait chez les humains ».

C’est chose presque faite, avec l’espoir de réduire considérablement le nombre de décès liés à la crise des opioïdes.  

Source: Journal of Addictions Nursing 28 Feb, 2022 DOI: 10.1097/JAN.0000000000000447 Hyperbaric Oxygen to Assist Adults With Opioid Use Disorder in Reducing Methadone Dose

Plus sur les Applications de l’Oxygénothérapie hyperbare