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CANCER de la PROSTATE : Et si on parlait un peu de qualité de vie… ?

Actualités  –  publiée le 12/08/2020 par Équipe de rédaction Santélog

European Association of Urology

Tout traitement du cancer de la prostate en dehors de la surveillance active entraîne des effets négatifs bien plus importants qu'on ne le pensait jusque-là (Visuel Adobe Stock 234565013)

C’est la plus grande étude jamais réalisée sur le sujet et elle dénonce ou sensibilise clairement l’impact qui reste considérable des traitements du cancer de la prostate sur la vie des patients.

Incontinence et troubles de la fonction sexuelle, les résultats, présentés lors du 35è European Association of Urology annual Congress suggèrent que tout traitement en dehors de la surveillance active entraîne des effets négatifs bien plus importants qu’on ne le pensait jusque-là.

Car la particularité de cette étude est d’avoir été menée par les premiers intéressés, les patients eux-mêmes. Il s’agit de l’Europa Uomo Patient Reported Outcomes Study (EUPROMS) et l’analyse aboutit à une dégradation des scores de qualité de vie bien plus élevée que celle rapportée dans les études cliniques.

Non, le dysfonctionnement sexuel n’est pas un problème mineur

L’étude est menée à partir des données de 2.943 hommes européens de 25 pays, âgés en moyenne 70 ans et diagnostiqués avec un cancer de la prostate à 64 ans. Leur qualité de vie a donc été évaluée environ 6 ans après le diagnostic.

Le principal résultat est que :

  • 50% des répondants ayant reçu un traitement déclarent une perte de la fonction sexuelle (dont une dysfonction érectile et une perte de libido) ; 28% d’entre eux considèrent que cette dysfonction est importante, 22%, modérée.

« On entend souvent dire que le déclin du fonctionnement sexuel est un problème relativement mineur pour les patients atteints d’un cancer de la prostate et que l’effet sur leur qualité de vie ne doit pas être exagéré », commente l’auteur principal, André Deschamps.

« Nous entendons également que le cancer de la prostate est une maladie des « hommes âgés », ce qui sous-entendrait que la perte de la fonction sexuelle est moins impactante. Notre enquête dresse un tableau différent ».

Différents traitements, différents effets sur la qualité de vie :

  • la prostatectomie radicale (ou ablation chirurgicale de la prostate) a le plus grand impact signalé sur l’incontinence urinaire ;
  • la radiothérapie double la fatigue ressentie par un patient par rapport à la chirurgie, son impact sur la fonction sexuelle est encore pire que la prostatectomie radicale ;
  • la chimiothérapie triple les niveaux de fatigue.
  • les meilleurs scores de qualité de vie sont associés à un diagnostic précoce du cancer ;
  • et bien sûr, lorsque l’option thérapeutique choisie est une surveillance active.

Ainsi, les effets du cancer de la prostate ne s’arrêtent pas avec le traitement,

et même les patients traités avec succès pour leur cancer peuvent avoir des problèmes importants qui réduisent considérablement leur qualité de vie.

Une enquête précieuse, pour plusieurs raisons : c’est la plus importante du genre jamais entreprise. Ensuite, elle utilise les mêmes questionnaires que ceux utilisés pour des essais cliniques standards, mais elle est menée par les patients eux-mêmes; l’étude est à la fois qualitative et quantitative, multinationale, et reflète de manière extrêmement fidèle l’impact du traitement du cancer de la prostate chez un large éventail de patients, traités dans différents systèmes de santé.

L’enquête dénonce ainsi le déficit de qualité de vie quasi-universel après la plupart des traitements curatifs du cancer de la prostate.

« Le message est clair et nous devons écouter la voix des patients ».

Source: 35th European Association of Urology annual congress 17-Jul-2020 Major study shows prostate cancer treatment has significant impact on quality of life

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CHAIR de POULE : Mais qu’est-ce c’est… ?

Actualités  –  publiée le 12/08/2020 par Équipe de rédaction Santélog

Cell

Sous un froid prolongé, le nerf est activé à un niveau beaucoup plus élevé et libère plus de neurotransmetteurs provoquant l'activation rapide des cellules souches, la régénération du follicule pileux mais aussi "la chair de poule" (Visuel Adobe Stock 323218095)

Mais quel est le processus sous-jacent à cet effet soudain dénommé « chair de poule » ? Ces scientifiques de Harvard se sont posé la question et nous expliquent comment, dans la revue Cell, les mêmes types de cellules souches contrôlent la croissance des cheveux et donnent la chair de poule.

Si la chair de poule a certainement joué un rôle de protection contre le froid pour les animaux à fourrure épaisse, l’étude contribue ainsi à expliquer pourquoi l’évolution a préservé cette réaction chez l’Homme ?

Les scientifiques de Boston ont découvert la raison de la persistance du phénomène chez les humains : les types de cellules qui causent la chair de poule sont également impliquées dans la génération des follicules pileux et des cheveux.

Ainsi, sous la peau, le muscle qui se contracte pour créer la chair de poule relie le nerf sympathique aux cellules souches du follicule pileux. En réaction au froid, par exemple, le nerf sympathique induit la contraction du muscle et entraîne ainsi « la chair de poule ».

Ainsi, l’environnement extérieur impacte l’activité des cellules souches !

Et la chair de poule en est une illustration : cette découverte réalisée sur des souris permet en effet de mieux comprendre comment différents types de cellules interagissent pour adapter l’activité et la fonction des cellules souches aux changements de l’environnement extérieur.

Comprendre les comportements des cellules souches face aux stimuli externes : la peau est un terrain d’étude fascinant pour mieux comprendre ces réactions : elle possède plusieurs types de cellules souches entourées d’autres types de cellules et se situe exactement à l’interface entre notre corps et le monde extérieur. Par conséquent, “les cellules souches de la peau sont soumises à un très large éventail de stimuli », rappelle l’auteur principal Ya-Chieh Hsu, professeur agrégé en biologie régénérative.

Un système de régulation de la pousse des poils et des cheveux : de nombreux organes sont constitués de trois types de tissus : l’épithélium, le mésenchyme et le nerf. Dans la peau, ces trois lignées sont organisées dans un arrangement spécial :

  • le nerf sympathique, partie de notre système nerveux – qui contrôle l’homéostasie corporelle et nos réponses aux stimuli externes-, se connecte à un petit muscle lisse du mésenchyme ;
  • ce muscle lisse se connecte à son tour aux cellules souches du follicule pileux, un type de cellule souche épithéliale essentiel à la régénération du follicule pileux ainsi qu’à la cicatrisation des plaies ;

Sous un froid prolongé, le nerf est activé à un niveau beaucoup plus élevé et libère plus de neurotransmetteurs provoquant l’activation rapide des cellules souches, la régénération du follicule pileux et la croissance de nouveaux cheveux. Mais le froid déclenche aussi l’envoi d’un signal nerveux par les neurones sympathiques et le muscle réagit en se contractant et en faisant se dresser les poils (et les cheveux).

Ici, les scientifiques constatent par microscopie électronique que le nerf sympathique est non seulement associé au muscle, mais est également connecté en direct avec les cellules souches du follicule pileux. En fait, le muscle s’avère un support structurel nécessaire pour relier le nerf sympathique au follicule pileux.

Bref, c’est une réponse à deux niveaux :

la chair de poule est un moyen rapide de fournir une sorte de soulagement à court terme. Mais quand le froid dure, cela devient un mécanisme intéressant pour que les cellules souches sachent qu’il est peut-être temps de régénérer les follicules pileux !

« Nous vivons dans un environnement en constante évolution. La peau étant toujours en contact avec le monde extérieur, cet organe nous permet d’étudier les mécanismes que les cellules souches de notre corps utilisent pour adapter la production tissulaire à l‘évolution des besoins, ce qui est essentiel pour notre survie dans ce monde dynamique ».

Source: Cell July, 2020 DOI : 10.1016/j.cell.2020.06.031 Cell Types Promoting Goosebumps Form a Niche toRegulate Hair Follicle Stem Cells