Val-de-Marne - Conseil départemental (aller à l'accueil)Accueil > Newsletters > Sport santé et préparation physique   –  mis à jour le 14/09/2020

Dans son rapport mondial sur le diabète de 2016, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) souligne que « les interventions liées à l’alimentation et l’activité physique sont plus efficaces que les médicaments » dans le cadre de la prévention du diabète chez les personnes en surpoids intolérantes au glucose.

Dans le cadre de la prise en charge du diabète de type 2 (DT2), ce rapport préconise que, pierre angulaire de la prévention et de la prise en charge de cette maladie, « l’activité (physique et sportive) doit être régulière et associer de préférence des exercices d’aérobie à un entraînement contre résistance ».

Le présent article ne traitera que du diabète de type 2. Il est destiné à vous expliquer simplement les mécanismes du diabète pour mieux vous faire comprendre l’intérêt de l’activité physique face à cette maladie.

Qu’est-ce que le diabète ?

De façon générale, on peut dire que le diabète est une maladie métabolique caractérisée par une hyperglycémie chronique due à une déficience de sécrétion de l’insuline par les cellules β du pancréas et/ou à un défaut d’action de l’insuline sur les cellules cibles de l’organisme.

Le diabète est défini, selon un consensus scientifique international, par une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l vérifiée deux fois, ou par une glycémie supérieure ou égale à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée.

Il existe deux types de diabète :

  • Le diabète de type 1(DT1), d’origine auto-immune, appelé « diabète maigre ou insulinodépendant » est celui de l’adulte jeune et de l’enfant (5 % à 10 % des cas). Il peut néanmoins se rencontrer après 40 ou 50 ans.
  • Le diabète de type 2(DT2), appelé « diabète gras ou non insulinodépendant », apparaît généralement plus tardivement, à l’âge adulte, le plus souvent après 40 ans chez des personnes présentant une surcharge pondérale (ou une obésité) et ayant un comportement sédentaire (90 % à 95 % des cas).

Le déséquilibre nutritionnel (déséquilibre qualitatif et quantitatif) et le manque d’activité physique (par hyper utilisation des écrans) de plus en plus marqués dans les jeunes générations, participent à ce phénomène. Le sexe, le milieu d’appartenance socio-économique mais également l’origine ethnique sont des paramètres à prendre en compte également.

Le diabète entraîne des complications graves à long terme, survenant le plus souvent après 10 à 20 ans de déséquilibre glycémique. La maladie accélère l’athérosclérose (vaisseaux qui finissent par se boucher suite à une accumulation de dépôt de plaques de graisse) des gros vaisseaux, à l’origine d’infarctus du myocarde, d’AVC (accident vasculaire cérébral) ou d’artérite des membres inférieurs.

En altérant également les microvaisseaux, le diabète peut être à l’origine de rétinopathies (atteintes de la rétine entraînant un risque de déficience visuelle voire de cécité), de neuropathies périphériques et/ou de néphropathies (insuffisance rénale).

L’objectif des traitements est de réduire cette morbi-mortalité, par l’intermédiaire d’un contrôle glycémique (le plus strict possible selon l’âge) associé aux contrôles rigoureux de la pression artérielle, du taux de cholestérol, et à un arrêt formel et définitif du tabac.

Les mécanismes amenant au DT2 et leurs conséquences

Le DT2 se développe silencieusement pendant de nombreuses années.

Il est dû au développement progressif d’une résistance de nos cellules à l’action de l’insuline (l’insulino-résistance), ainsi qu’à un déficit de la sécrétion d’insuline (l’insulinopénie) par le pancréas.

L’augmentation de la masse graisseuse péri-viscérale abdominale entraîne une insulino-résistance (ce qui veut dire que les cellules cibles sont progressivement de moins en moins sensibles à l’action de l’insuline). Le sucre pénètre alors plus difficilement dans le muscle et s’accumule dans le sang.

Cette insulino-résistance est d’abord compensée par une augmentation de la sécrétion d’insuline afin de maintenir la glycémie à sa valeur normale, puis progressivement le pancréas s’épuise et l’hyperglycémie (taux de sucre sanguin supérieur aux valeurs normales prédéfinies) apparaît.

Les complications dues à l’hyperglycémie apparaîssent et viennent progressivement (au bout de 10,15,20 ans) altérer le fonctionnement normal des organes essentiels (cœur, reins, cerveau, artères), réduisant leurs bons fonctionnements. Ceci représente un facteur limitant progressif de l’activité physique.

Il en résulte une aggravation progressive de la maladie que les médicaments ne peuvent pas toujours bien contrôler.

Les bénéfices de l’activité physique sur les personnes atteintes de diabète de type 2

Une alimentation équilibrée qualitativement et quantitativement, l’absence de tabagisme, un contrôle du poids et de son évolution, associés à une activité physique régulière sont actuellement considérés comme les meilleurs moyens thérapeutiques.

Pour les personnes prédiabétiques*, sujets à risque métabolique à long terme, l’activité physique diminue de 50% le risque de développer un DT2 dans une période de temps qui n’est pas homogène selon les études épidémiologiques (pays, sexe, culture, …).

Pour les personnes souffrant de DT 2, la pratique d’une activité physique régulière contribue à faire baisser le taux d’hémoglobine glyquée (indice de surveillance du diabète) par le biais d’une diminution progressive de l’insulino-résistance et donc d’une meilleure utilisation de l’insuline circulante et donc du sucre. L’hémoglobine glyquée (« HbA1c ») donne un aperçu des taux moyens de glycémie des 2 ou 3 derniers mois.

De façon normale, au fil du temps, le glucose se fixe aux cellules sanguines. Lorsque cette réaction se produit, la cellule est dite « glyquée ». Plus il y a de glucose dans le sang, plus le nombre de cellules A1c glyquées est important. Généralement, un DT2 est considéré comme équilibré si le taux d’HbA1c est inférieur ou égal à 7%. Au-delà, le risque de développer des complications à long terme augmente.

Une HbA1c basse signifie que le diabète est globalement contrôlé, rapprochant le plus possible (selon l’âge et les circonstances) les taux moyens de sucre dans le sang des taux normaux attendus.

La pratique sportive peut aider à diminuer progressivement la masse graisseuse intra-abdominale, responsable de l’insulino-résistance. La diminution du tour de taille est à la fois la preuve de la perte de poids (donc du travail accompli) mais surtout est un marqueur important de la diminution du risque cardio-vasculaire.

Le prédiabète est un trouble glycémique caractérisé par des chiffres de glycémie à jeun se situant entre 1,10 g/L et 1,25 g/L (une glycémie normale à jeun est inférieure à 1,10 g/L). Il indique un haut risque de DT 2 ultérieur mais est potentiellement réversible par des mesures hygiéniques et diététiques appropriées.

Les valeurs du tour de taille qui définissent l’obésité abdominale sont, pour l’OMS et la Société Européenne de Cardiologie (ESC) respectivement : pour les femmes supérieur à 88 cm et 80 cm et pour les hommes supérieur à 102 cm et 94 cm;

Les bénéfices selon les exercices pour les personnes atteintes de diabète de type 2

  • Exercices à dominante aérobie
    Chez les personnes atteintes de DT2, l’entraînement régulier et continu réduit l’Hb1ac, les triglycérides, la pression artérielle et la résistance à l’insuline. Alternativement à l’entraînement continu, l’entraînement par intervalle à haute intensité (HIIT) favorise l’amélioration rapide de la capacité oxydative du muscle squelettique, la sensibilité à l’insuline, et le contrôle glycémique chez les adultes.
  • Exercices de renforcement musculaire contre résistance
    Les avantages de l’entraînement en résistance pour les personnes atteintes de DT2 comprennent   également l’amélioration du contrôle glycémique et contribue à la baisse de la résistance à l’insuline, mais permettent en plus un développement de la force et de la masse corporelle maigre.
  • Souplesse et équilibre
    Les avantages de la pratique d’activités physiques « douces » comme le Yoga et le Taï Chi sont moins établis, bien que le yoga semble pouvoir favoriser l’amélioration du contrôle glycémique, des taux de lipides et de la composition corporelle chez les adultes atteints de DT2. L’entraînement au Taï Chi peut améliorer le contrôle glycémique, l’équilibre, les symptômes neuropathiques, et certaines dimensions de la qualité de vie chez les adultes atteints de diabète et de neuropathie, mais des études de bonne qualité sur ce type de travail font défaut.

L’activité physique a, à la fois, des effets aigus (effets d’une session d’exercice) et des effets à distance de l’exercice lorsque ceux-ci sont répétés de façon régulière (effet de l’entraînement) :

  • Au cours d’une session unique, l’exercice musculaire augmente la captation musculaire de glucose chez le sujet sain comme chez la personne souffrant de DT2.
  • Sur une période plus longue l’entraînement régulier, notamment en endurance, augmente la sensibilité à l’insuline chez tous les sujets, qu’ils soient sains, insulino-résistants ou DT2. Cet effet dure entre 48 et 72 heures après la dernière session d’exercice.

Scientifiques et médecins soulignent de manière unanime l’importance de l’activité physique dans le processus de régulation de la glycémie pour les personnes souffrant d’un DT2. Les recommandations précises de pratique en cas de DT2 seront abordées dans une seconde partie et une illustration pour les activités aquatiques vous sera proposée.

Pour aller plus loin…

Thierry PINJON, UPEC

Références

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  • Collectif d’auteurs, Diabète et pratique sportive. IRBMS.com.  2018