Actualités  –  publiée le 3/12/2020 par Équipe de rédaction Santélog

Science Advances

Même ces activités physiques simples, du quotidien, que l’on effectue sans même y penser, comme monter les escaliers par exemple, améliorent considérablement le bien-être (Markus Breig, KIT)

On sait aujourd’hui que l’exercice physique profite à la santé cérébrale et mentale, cette équipe du Karlsruher Institut für Technologie (KIT) (Allemagne) tente de décrypter les mécanismes par lesquels les activités physiques simples, du quotidien, -et non la pratique du sport- contribuent aussi au bien-être personnel.

Ces travaux, présentés dans la revue Science Advances, identifient les zones du cerveau et les réseaux neuronaux qui jouent un rôle clé dans ces processus.

L’activité physique est primordiale dans le maintien de la santé psychique. Au-delà, « elle rend heureux ».

 L’équipe allemande démontre que même ces activités physiques simples, du quotidien, que l’on effectue sans même y penser, comme monter les escaliers par exemple, améliorent considérablement le bien-être, en particulier chez les personnes vulnérables sur le plan mental ou susceptibles de souffrir de troubles psychiatriques.

Cette amélioration passe par le cortex cingulaire sous-génital, une petite zone du cortex cérébral.

L’exercice améliore le bien-être physique et la santé mentale, l’activité quotidienne idem

L’impact des activités quotidiennes sur la santé mentale fait l’objet de peu d’études, contrairement aux effets de l’exercice. On ignore si les mêmes structures cérébrales sont impliquées.

Cette équipe de neurologues et de médecins du sport s’est justement concentrée sur les activités qui constituent la plus grande part de notre exercice quotidien.

L’équipe combine ici différentes méthodes de recherche issues du laboratoire mais utilisables dans la vraie vie, dont des évaluations avec des capteurs de mouvement avec des questionnaires sur le bien-être sur smartphone déclenchés dès déplacement ou activité des participants.

L’étude est menée avec 67 volontaires suivis ainsi durant 7 jours.

L’analyse constate que les participants ressentent plus de bien-être et débordent d’énergie juste après l’activité- ce qui ne surprend pas.

Dans une deuxième phase, un autre groupe de 83 participants a passé un scanner avant et après une période d’activité de type activité quotidienne. Le volume de matière grise du cerveau a été mesuré pour identifier les zones cérébrales impliquées dans la corrélation entre activité physique et bien-être psychique.

Une zone cérébrale clé dans l’énergie positive !

L’analyse désigne la zone du cortex cingulaire sous-génital comme une zone clé dans ce processus d’interaction entre l’activité quotidienne et le bien-être affectif.

Cette zone étant déjà documentée pour réguler les émotions et la résistance aux troubles psychiatriques.

Les chercheurs décrivent son rôle comme décisif dans la relation entre l’activité physique et l’énergie subjective :

« Les personnes ayant un plus petit volume de matière grise cérébrale dans cette région et un risque plus élevé de troubles psychiatriques se sentent dépourvues d’énergie lorsqu’elles sont physiquement inactives.

Cependant, l’activité quotidienne leur apporte encore plus d’énergie ».

Des données plus d’actualité que jamais : dans la situation actuelle de restrictions liées au COVID et l’hiver à venir, nous sommes confrontés à de fortes restrictions sociales, néfastes à notre bien-être.

“Pour tenir le coup et se sentir mieux, il peut être utile de monter plus souvent les escaliers ! »,

conclut l’auteur principal, le professeur Heike Tost, chercheur en neuroscience.

En conclusion, plus que jamais en cette période troublée, l’activité physique au quotidien est un moyen de préserver son bien-être, en particulier chez les personnes vulnérables sur les plans psychique et psychiatrique.

Une application sur smartphone qui incitera les utilisateurs à « s’activer » pour maintenir leur bien-être en cas de baisse d’énergie est en cours de réflexion.

Source: Science Advances 06 Nov 2020 DOI: 10.1126/sciadv.aaz8934  A neural mechanism for affective well-being: Subgenual cingulate cortex mediates real-life effects of nonexercise activity on energy

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