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100% des femmes enceintes exposées à des perturbateurs endocriniens

 SANTÉ PUBLIQUE par Marielle Ammouche le 08-12-2016   Santé publique France, 7 décembre 2016 

Des données issues de l’étude Elfe montrent que la quasi-totalité des femmes enceintes françaises sont exposées à des polluants organiques de l’environnement, potentiellement perturbateurs endocriniens ou cancérigènes.

Les premiers résultats du volet périnatal du programme national de biosurveillance viennent d’être présentés par Santé publique France. Ces données sont issues du volet biologique de l’Étude Longitudinale Française depuis l’Enfance (Elfe), menée auprès de 4 145 femmes enceintes ayant accouché en France continentale en 2011. Des prélèvements d’urine et de sang ont été réalisés dans les maternités et des questionnaires ont aussi été rempliés par les participantes.

Au total, 117 biomarqueurs d’exposition à des polluants organiques de l’environnement ont été dosés. Cela concernait principalement le bisphénol A, présent notamment dans les plastiques et emballages alimentaires, les phtalates, qui peuvent entrer dans la composition de matériaux à base de PVC ou de cosmétiques courants, les pesticides, y compris à usage domestique tels les anti-poux et désherbants,les dioxines, furanes et PCB, utilisés dans les processus industriels, les retardateurs de flamme, qui sont utilisés pour de nombreux appareils électriques et textiles, et les composés perfluorés, qui peuvent être présents dans les produits ménagers courants.

Le bisphénol A retrouvé chez plus de 70% des femmes

Ces nouvelles données mettent en évidence que le bisphénol A, les phtalates, les pyréthrinoides (famille d’insecticides), les dioxines, les furanes, les PCB, les retardateurs de flamme et les composés perfluorés sont retrouvés chez près de la totalité des femmes enceintes. Plus précisément, le bisphénol A était retrouvé chez plus de 70% des femmes, confirmant l’omniprésence de cette substance dans l’environnement 99,6% des femmes présentaient une exposition à au moins un phtalate. Des pesticides étaient mesurés chez 100% des femmes, à l’exception des pyréthrinoïdes. La totalité des participantes testées aux dioxines, furanes ou PCB présentaient une imprégnation à au moins une de ces substances. Et il en était de même pour les retardateurs de flamme, et les composés perfluorés.

Une sur-imprégnation des femmes enceintes françaises par les pyréthrinoides et les PCB

Néanmoins, les auteurs de l’étude soulignent que « les concentrations mesurées dans le volet périnatal sont généralement légèrement inférieures à celles observées dans les études antérieures françaises et étrangères, y compris dans celles menées auprès de femmes enceintes ». Selon eux, ces diminutions pourraient s’expliquer en partie par la mise en place de règlementations (atrazine, dioxines, furanes) et par des réductions d’usages liées aux évolutions industrielles (bisphénol A, certains phtalates et pesticides organophosphorés). Cependant, comparativement aux Etats-Unis, il existe en France une sur-imprégnation des femmes-enceintes par les pyréthrinoides et les PCB.

Ces expositions sont liées principalement à l’alimentation, mais aussi à l‘air intérieur et extérieur. Cependant, elles ne signifient pas qu’elles ont un impact sur la santé des femmes et des enfants.

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