RECHERCHE  –  Par Marielle Ammouche le 21-01-2020

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Vous pensiez tout connaitre sur le sang ? Il n’en est rien. Des chercheurs français viennent en effet de découvrir un type d’organites jusqu’à présent non identifié dans le sang : il s’agit de mitochondries complètes et fonctionnelles, retrouvés en dehors des cellules.

Ce qui bouleverse les connaissances car les mitochondries, responsables de la respiration cellulaire, sont généralement situées à l’intérieur des cellules eucaryotes, ou parfois encapsulées dans des microvésicules, mais non libres dans le plasma.

Pour arriver à cette découverte, les chercheurs montpelliérains sont partis du fait qu’un individu en bonne santé contient jusqu’à 50 000 fois plus d’ADN mitochondrial (transmis uniquement par la mère) que d’ADN nucléaire.

Pour savoir comment cela était possible, ils ont analysé de nombreux échantillons de plasma. Les analyses ont alors révélé la présence dans la circulation sanguine de structures hautement stables contenant des génomes mitochondriaux entiers.

« Après examen de leur taille, de leur densité ainsi que de l’intégrité de l’ADN mitochondrial qu’elles contenaient, ces structures observées en microscopie électronique (jusqu’à 3,7 millions par ml de plasma sanguin) se sont révélées être des mitochondries intactes et fonctionnelles » détaille l’Inserm.

Au total ces travaux ont duré 7 années, nécessaires pour vérifier cette découverte par de multiples méthodes.

« Lorsque l’on considère le nombre élevé de mitochondries extracellulaires que nous avons trouvées dans le sang, on peut se demander pourquoi cela n’a pas été découvert auparavant, note Alain R. Thierry, principal auteur de cette publication.

Notre équipe a accumulé une expertise dans la détection spécifique et sensible d’ADN dans le sang en travaillant notamment sur la fragmentation de l’ADN extracellulaire dérivé des mitochondries », ajoute-t-il.

Concernant le rôle de ces mitochondries extracellulaires, les chercheurs émettent l’hypothèse d’une implication dans les réponses immunitaires et inflammatoires, et ainsi la communication entre les cellules.

« Les mitochondries extracellulaires pourraient effectuer plusieurs tâches en tant que messager pour l’ensemble de l’organisme », précise Alain R. Thierry.

En plus de son intérêt sur le plan physiologique, cette découverte pourrait avoir un impact en pathologie. En effet, l’équipe de recherche se penche à présent sur l’évaluation des mitochondries extracellulaires en tant que biomarqueurs dans le diagnostic prénatal non invasif et le cancer.

Sources : Inserm/Institut régional du cancer de Montpellier/Université de Montpellier, 21 janvier 2020. Faseb Journal, 19 janvier 2020

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1096/fj.201901917RR