SEP : le Québec autorise des essais sur un traitement controversé…
lequotidiendumedecin.fr 30/06/2011
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Selon le Dr Paolo Zamboni, il pourrait exister un lien entre la SEP et une réduction du flux des veines cervicales. Le traitement est controversé, car les résultats scientifiques ne sont pas au rendez-vous. Le ministère de la Santé du Canada va faire procéder à des essais cliniques.

Il y a un an, la publication de deux articles du Dr Paolo Zamboni au Québec et la participation à une émission de télévision du praticien suscitaient bien des espoirs chez les patients. Le Pr Marc Girard (président de l’Association des neurologues du Québec) fait une mise au point sur l’état de la science à cet égard.
 
Le Dr Zamboni trouvait, à l’aide d’une technique qu’il avait développée lui-même, l’existence d’occlusions portant sur les veines du cou chez 100 % des patients présentant une SEP et non chez des patients témoins. Plusieurs groupes de recherche ont tenté ensuite de reproduire les résultats du Dr Zamboni.
Une étude à Buffalo a montré des occlusions veineuses chez 56 % des patients souffrant de SEP, mais aussi chez 44 % des patients souffrant d’autres maladies neurologiques et chez 22 % des sujets de la population générale.
Un groupe allemand n’a pas trouvé de sténose chez une cinquantaine de patients souffrant de SEP. Des Suédois parvenaient à la même conclusion après une étude par RMN.
 
Lors d’un congrès en Suède, trois autres groupes (Liban, Italie et Canada) présentent leurs résultats indiquant que les occlusions veineuses ne sont pas présentes au début de la maladie et qu’elles apparaissent plutôt tardivement au fur et à mesure que la maladie progresse.
Suite aux articles du Dr Zamboni, des dizaines de patients sont allés à l’étranger trouver une clinique qui pratique une angioplastie des veines du cou, cela n’étant pas possible au Canada, explique le Pr Girard.
Malgré l’absence de données scientifiques validées, des cliniques privées dans plusieurs pays se sont mises à offrir ce traitement à coût élevé, que les patients sont allés chercher selon le modèle du tourisme médical. Les témoignages concernant les résultats sont, là aussi, contrastés.
Depuis la diffusion de l’hypothèse du Dr Zamboni, la communauté médicale canadienne et internationale prône la prudence quant à l’utilisation de l’angioplastie veineuse dans la SEP.
 
La ministre de la Santé au Canada, Leona Aglukkaq, vient d’annoncer que des essais financés par les fonds publics seront lancés. La décision est fondée sur les recommandations d’un groupe de scientifiques formé par le gouvernement qui a étudié l’ensemble des données.
› Dr BÉATRICE VUAILLE