The Lancet

La génétique du chromosome Y peut contribuer au risque de maladie cardiaque. Le chromosome Y, qui « fait » les hommes, pourrait en effet expliquer en partie la différence de taux de maladie cardiaque entre hommes et femmes. C’est la conclusion de cette recherche, financée par la British Heart Foundation et publiée dans l’édition du 9 février du Lancet, qui rappelle que si la maladie cardiaque est associée à la génétique du chromosome, les autres facteurs de risque ont toute leur importance.

En bref, certains hommes hériteraient de la maladie cardiaque de leur père par le biais d’une version spécifique du chromosome Y qui peut augmenter le risque cardiaque de 56%.

Cette recherche menée par des chercheurs des Universités de Leicester, Glasgow, Leeds et Cambridge, du King ‘s College de Londres et d’autres universités en Australie, en France et en Allemagne a examiné les variations génétiques du chromosome Y chez plus de 3.233 hommes, regroupés entre eux en fonction de leurs variations communes, puis a examiné les associations entre type génétique et risque de maladie coronarienne.

Les cellules humaines portent 23 paires de chromosomes. Ces faisceaux d’ADN contiennent le code génétique complet. Parmi ces chromosomes, le X et le Y, les hommes portant une combinaison XY. Au-delà de la détermination du sexe, le chromosome Y a également été associé au système cardio-vasculaire. Mais ici, les chercheurs ont utilisé une variété de techniques pour examiner le rôle du chromosome Y dans la santé cardiovasculaire, à travers 3 études, une étude transversale portant sur divers facteurs à un moment donné, un essai clinique prospectif et une étude d’association génomique entre la variation dans le chromosome Y et le risque de coronaropathie.

Un sous-groupe associé à un risque élevé : Les chercheurs ont réparti les participants en 13 sous-groupes, appelés «haplogroupes», selon la variation génétique sur leurs chromosomes Y. Après ajustement avec les autres facteurs de risque, les auteurs constatent que,

– 17% des participants, à antécédent ou non de coronaropathie appartiennent à un groupe ancestral appelé haplogroupe I et dans la seconde étude, 14,5% des hommes appartiennent à ce groupe.

– Ces hommes de l’haplogroupe 1 présentent un risque accru de 56% de développer une maladie coronarienne par rapport aux hommes de n’importe quel autre groupe génétique (OR : 1,56, IC : 95% de 1,24 à 1,97).

– Une seconde analyse révèle que cette augmentation du risque est indépendante des autres facteurs de risque connus.

– Une autre étude révèle que ces hommes de l’haplogroupe 1 présentent aussi des variations dans des gènes impliqués dans l’immunité et l’inflammation.

Ne pas minimiser les autres facteurs de risque cardiaque évitables : En constatant que les hommes qui présentent cette variante particulière ont un risque de maladie cardiaque accru de 56% par rapport aux hommes des autres groupes génétiques identifiés, en montrant que cette augmentation est indépendante des autres facteurs de risque connus de maladie cardiaque, les chercheurs ne minimisent pas le rôle de ces autres facteurs évitables et précisent que la génétique ne contribue seulement qu’à une partie du risque cardiaque chez l’homme.

Des recherches futures pourraient aider à expliquer comment ces variations génétiques influent sur le risque, en examinant leur rôle dans les réponses immunitaires et inflammatoires.

Source: The Lancet, 9 February 2012 doi:10.1016/S0140-6736(11)61453-0 Inheritance of coronary artery disease in men: an analysis of the role of the Y chromosome (Visuel Nature via NIH “Chromosomes mâles, X (à gauche) et Y agrandis environ 10.000 fois)

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Cette actualité a été publiée le 11/02/2012 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.