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POLLUTION : L’exercice outdoor reste bénéfique pour les enfants des villes

  publiée le 10/11/2016 par P. Bernanose

Environmental Research

Certes les enfants -ici vivant à New York- qui pratiquent le plus d’activités physiques extérieures sont plus fortement exposés à la pollution de l’air mais les avantages d’un exercice régulier l’emportent toujours sur les risques liés aux polluants de l’air extérieur. Des données qui vont rassurer les parents des enfants des grandes villes et supprimer tout bémol à la pratique de l’activité physique en extérieur chez les jeunes, en particulier de villes polluées. 

Globalement, pratiquer l’exercice outdoor, même en cas de pollution, apporte plus de bénéfices que de dommages possibles, liés aux produits toxiques et aux particules de la pollution. Une étude, présentée dans la revue Preventive Medicine, est allée d’ailleurs jusqu’à préciser, en fonction de la pollution, les seuils jusqu’auxquels l’exercice reste bénéfique et a suggéré ainsi qu’on pouvait pratiquer en général, même en cas de pollution, en toute sérénité. Une précédente étude de l’Université de Copenhague, publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, avait déjà montré que les bénéfices de l’exercice physique l’emportent sur les effets nocifs de la pollution de l’air, pour notre santé, sur le risque de mortalité prématurée. Cette nouvelle étude a regardé ce rapport bénéfices-risques chez les enfants newyorkais, en particulier en regard de l’exposition au noir de carbone, un polluant indicateur de l’exposition aux gaz d’échappement diesel.

Les chercheurs de la Columbia University ont suivi 129 enfants, âgés de 9 à 14 ans, des zones urbaines de New York qui pratiquent quotidiennement des activités physiques et sportives en extérieur. Les jeunes participants ont été équipés de trackers d’activité au poignet sur une période de six jours. Près de 60% des enfants ont été considérés comme actifs (soit 60 minutes ou plus d’activité modérée à vigoureuse par jour). L’exposition personnelle au noir de carbone a été surveillée pendant 2 périodes de 24 heures, au début et à la fin de l’évaluation de l’activité physique, avec un gilet portable contenant un dispositif de détection miniature. Les chercheurs ont également mesuré les niveaux d’oxyde nitrique -un marqueur de l’inflammation des voies respiratoires- exhalé par les enfants. Ils ont également évalué la sensibilité spécifique de chaque enfant aux allergènes intérieurs et extérieurs. L’analyse montre que 

·         ces enfants sont bien évidemment exposés de manière accrue au noir de carbone et autres polluants de l’air (+ 25%).  

·         Et plus ces enfants sont actifs, plus ils sont exposés. 

·         Ces enfants physiquement actifs présentent des niveaux d’inflammation des voies respiratoires très réduits par rapport aux enfants moins actifs. 

Ø  Ces données suggèrent que la pratique de l’exercice compense largement l’exposition à la pollution, pour la santé respiratoire.  

L’étude ajoute clairement à l’évidence que l’activité physique peut améliorer la santé respiratoire des enfants, avec, tout de même un effet réducteur lié à l’exposition à des niveaux élevés de polluants. Cependant, globalement, le rapport bénéfices-risques reste positif.

Source: Environmental Research November 2016 DOI: 10.1016/j.envres.2016.09.005 Physical Activity, Black Carbon Exposure, and Airway

Inflammation in an Urban Adolescent Cohort

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