Actualités  –  publiée le 8/08/2019 par Équipe de rédaction Santélog

PNAS

On n'a pas bien compris comment de faibles niveaux plasmatiques de leptine aiguisent l'appétit.

Cette étude menée par une équipe de l’Université Yale décrypte la biologie de la leptine, l’hormone de la faim, une hormone qui joue un rôle clé dans l’appétit, les excès alimentaires et l’obésité. Des découvertes présentées dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine, qui font progresser les connaissances sur la leptine et la prise de poids, et suggèrent également une nouvelle stratégie possible pour le développement de futurs traitements de perte de poids.

La leptine, sécrétée par les cellules adipeuses, informe le cerveau lorsque l’énergie stockée dans la graisse corporelle et dans le foie s’épuise. On n’a pas bien compris comment de faibles niveaux plasmatiques de leptine aiguisent l’appétit. Ces chercheurs ont donc voulu en savoir plus et ont étudié la biologie de la leptine chez les rongeurs, ainsi que le rôle des neurones AgRP, des cellules nerveuses dans le cerveau, qui régulent le comportement alimentaire.

Leptine, corticostérone et neurones AgRP

Les chercheurs décrivent ici les mécanismes par lesquels la réduction des concentrations plasmatiques de leptine stimule la consommation de nourriture ne se limitent pas au cerveau : ainsi, chez le rongeur, le jeûne active d’abord les récepteurs de la leptine dans le cerveau, puis l’hypophyse et les glandes surrénales sécrètent une autre hormone, la corticostérone, qui régule l’énergie et la prise de nourriture. Cette cascade d’événements est nécessaire pour que la leptine stimule la faim en cas de restriction alimentaire, ou lorsque le diabète est mal contrôlé et que les concentrations plasmatiques de leptine chutent au-dessous d’un seuil critique, explique l’auteur principal, le Dr Gerald Shulman, professeur de médecine à la Yale School of Medicine.

Les chercheurs montrent également que la corticostérone active les neurones AgRP, ce qui augmente la faim lorsque les niveaux de leptine ou de sucre dans le sang sont trop faibles. C’est par exemple le cas chez l’homme en cas de régime de perte de poids : la leptine et la glycémie chutent.

Depuis les années 90, la leptine fait l’objet de recherches dans le cadre de la lutte contre l’obésité et en faveur de la perte de poids. Cette étude qui révèle la biologie fondamentale de la leptine, suggère également une stratégie différente pour le développement de médicaments contre l’obésité : cibler les neurones AgRP qui jouent eux-aussi un rôle clé dans la faim et l’alimentation.

Source: Proceedings of the National Academy of Sciences (In Press) via Yale June 18, 2019 Yale-led study reveals biology of leptin, the hunger hormone (Leptin’s molecular structure © stock.adobe.com)

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