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Mort subite des jeunes athlètes, certains plus concernés que d’autres…

 Publié le 17/11/2016

Les jeunes athlètes de compétition, en dépit d’une surveillance médicale attentive, ne sont pas à l’abri de la mort subite. Dans cette population ciblée, cet évènement pour le moins tragique a le plus souvent des répercussions médiatiques et sociales maximales, du fait de la visibilité des victimes au sein du public. Il est évident que la prévention de la mort subite reste un objectif prioritaire d’une manière générale, mais encore plus chez ces jeunes sujets et la recherche d’une cause s’inscrit dans ce programme. L’expérience étatsunienne est certes spécifique de ce pays, mais elle n’en est pas moins digne d’intérêt.

Le registre national consacré à la mort subite des jeunes athlètes a été consulté (période de 1980 à 2011) pour définir l’épidémiologie et les causes de l’évènement en question. Au total, ont été identifiés 2 406 cas de mort subite survenus chez des sujets dont l’âge moyen était de 19 ± 6 ans, participant à 29 activités sportives à un niveau de compétition. Chez 842 d’entre eux, une étiologie cardiovasculaire a pu être confirmée par l’autopsie. L’incidence de ce diagnostic s’est avérée 6,5 fois plus élevée pour les hommes : exprimée en athlètes-années, elle est de 1:121691 versus 1:787 392 pour les femmes (p ≤ 0,001). La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) est la cause la plus courante, retrouvée chez 302 sur 842 athlètes autopsiés (soit 36 %). Elle a été à l’origine de 39 % des morts subites de manière générale, (302/842), mais elle était quatre fois plus souvent impliquée pour les hommes que pour les femmes (soit 39 % versus 11 %, p ≤0,001).

Les femmes moins que les hommes, les Afro-américains plus que les Blancs

Parmi les femmes, certaines étiologies ont été plus souvent mises en évidence : (1) anomalies congénitales des artères coronaires (33 % versus 17 % chez les hommes ; p ≤ 0,001) ; (2) dysplasie arythmogène du ventricule droit (13 % vs 4 % ; p = 0,002) ; (3) syndrome du QT long cliniquement patent (7 % vs 1,5 %; p ≤ 0,002). La mortalité cardiovasculaire s’est avéré au moins cinq fois plus élevée chez les Afro-américains et dans d’autres minorités (1:12 778), comparativement aux Blancs (1:60 746 athlètes-années ; p < 0,001). Par ailleurs, la CMH a été également plus souvent rencontrée chez les Afro/américains (et autres minorités) que chez les Blancs, soit 42 % versus 31 % (p ≤ 0,001). Dans certaines activités sportives, ces derniers sont nettement minoritaires. Ainsi, pour ce qui est du basket-ball, les Afro-américains – et les autres minorités- sont trois fois plus représentés que les Blancs.

L’étude de ce vaste registre étatsunien permet de se faire une idée de la distribution des causes de la mort subite survenant chez l’athlète de compétition, en fonction de deux facteurs importants qui sont l’ethnie et le sexe. Il apparaît que la mort subite est relativement rare chez les femmes. En revanche les Afro-américains ou autres minorités ethniques sont davantage touchés que les Blancs. Chez les premiers, une CMH est retrouvée dans plus de 40 % des cas, mais elle concerne aussi 30 % des morts subites des hommes blancs.

Dr Catherine Watkins

RÉFÉRENCE

Maron BJ et coll. Demographics and Epidemiology of Sudden Deaths in Young Competitive Athletes: From the United States National Registry. Am J Med 2016 ;129 :1170-1177.