La pression artérielle évolue en quatre phases durant la vie
10/06/2011 | Cardiologie , Gériatrie, Santé publique, Epidémiologie

 
La pression artérielle évolue en quatre phases au cours de la vie : après une phase d’augmentation rapide en début d’adolescence, puis une phase d’évolution très lente jusqu’à 35 ans, se produit une ré-accélération entre 35 et 55 ans, puis une stabilisation à un âge avancé. C’est ce qu’indique une étude britannique parue dans PLoS Medicine.
 
La pression artérielle moyenne tend à augmenter selon l’âge. La donnée est largement connue, mais elle est issue d’études transversales, comparant des personnes d’âges différents à un moment donné – d’où des biais possibles.
Une équipe de l’University College (Londres) a analysé les données de sept études longitudinales où les patients étaient suivis durant plusieurs années et avaient des mesures de pression artérielle (PA) répétées. Comme ces études suivaient des cohortes d’âges différents, les chercheurs ont pu retracer l’évolution de la PA sur toute la vie.
 
Leur analyse révèle que la pression artérielle systolique évolue en quatre phases durant la vie entière. Au début de l’adolescence, elle augmente d’abord rapidement, cet accroissement atteignant 5,2 mmHg en un an entre 14 et 15 ans chez les garçons et de 3,6 mmHg chez les filles. Puis, entre 15 et 35 ans, la pression systolique n’augmente plus que très lentement, de moins de 1 mmHg/an.
Entre l’âge de 35 ans et 50 ans, il y a ensuite une ré-accélération de la PA qui atteint 1 mmHg/an. Puis, autour de l’âge de 55 ans, la PA se stabilise à 1,5 mmHg/an. A mesure que le sujet avance encore en âge, l’augmentation de la pression systolique ralentit. La première analyse suggérait même qu’après 65 ou 70 ans, la pression artérielle se mettait à diminuer, mais une analyse éliminant les patients sous traitement antihypertenseur suggère plutôt une stabilisation.
 
L’évolution de la PA systolique varie selon le sexe. La PA est légèrement plus élevée chez les filles de 7 à 12 ans, puis elle est rattrapée par la PA des garçons, qui ont ensuite une pression plus élevée. A l’âge de 15 ans, les garçons ont une PA supérieure de 5 mmHg à celle des filles. A l’âge de 26 ans, la différence de PA est de 8,2 mmHg « en faveur » des garçons. Mais les femmes voient leur PA ré-augmenter plus vite après 35 ans. Finalement, après 60 ans, les deux sexes ont une pression artérielle similaire.
Les chercheurs se sont aussi intéressés à une huitième cohorte, qui ne comprenait que des « cols blancs », ayant un niveau socio-économique élevé. Par rapport à l’ensemble de la population britannique, les chiffres de la PA de cette cohorte étaient meilleurs. Entre 40 et 70 ans, les PA systoliques étaient plus basses pour les « cols blancs » que dans la population générale, l’augmentation avec l’âge était plus modérée et l’accélération de cette augmentation au milieu de la vie plus tardive.
 
Les chercheurs expliquent cette différence par des facteurs d’environnement modifiables, déterminés socialement, tels le mode de vie et le régime alimentaire. Ils n’excluent pas aussi que ces personnes à haut niveau social aient été traitées plus précocement en cas d’hypertension.
Florence ROSIER avec APM