https://www.jim.fr/e-docs/00/02/BD/CE/carac_photo_1.jpg Publié le 27/09/2019

Paris, le vendredi 27 septembre 2019 – Hasard du calendrier, alors que nous quitte Jacques Chirac, Premier ministre du temps de la loi Veil, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publie ses données sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Le nombre d’IVG réalisé en France s’élève à 224 338 dont 14 215 chez des résidentes des départements et régions d’outre-mer (DROM).

Une IVG pour 3 naissances

Chaque année, on compte environ une IVG pour trois naissances, et, depuis 2001, ce nombre oscille entre 215 000 et 230 000. En 2018, il est supérieur de 3 % à celui de 2017. En 2018, le taux de recours à l’IVG s’élève à 15 IVG  pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans en France métropolitaine et 27,8 dans les DROM. Globalement ce taux est de 15,4 IVG pour 1 000 femmes contre 14,8 l’année précédente, s’établissant à son maximum depuis 1990. Notons que cet indicateur suit globalement une tendance à la hausse depuis 1995.

L’indice conjoncturel d’avortement qui représente le nombre moyen d’IVG que connaîtrait une femme tout au long de sa vie selon les taux de recours par âge de l’année considérée s’élève à 0,56 en 2018.

En décomposant cet indicateur, l’Institut national d’études démographies (INED) estimait en 2011 que le nombre de première IVG par femme était de 0,333 « ce qui signifie qu’une femme sur trois connaîtra au moins une IVG » note la DREES. En 2011, l’INED calculait également que la probabilité d’une IVG ultérieure était de 41 % pour les femmes qui avaient déjà eu une IVG.

Un problème d’accès à l’IVG dans certaines régions

Régulièrement des débats autour de difficultés d’accès à  l’IVG agitent les médias. Les statistiques de la DREES semblent confirmer la réalité de ce phénomène.

Les IVG réalisées durant les deux dernières semaines du délai légal  rendent (en partie) compte de cette problématique.

Or, en France, 5,3 % de l’ensemble des IVG (soit près de 12 000) sont pratiquées dans ce délai et des variations sont notables selon le lieu de résidence des femmes. En métropole, 2 % à 11,7 % des IVG ont lieu entre 12 et 14 semaines d’aménorrhée selon les départements de résidence. Les régions des Pays de la Loire et de la Bourgogne-Franche-Comté sont plus particulièrement concernées.

Cette proportion est aussi plus élevée dans les DROM (hormis en Guadeloupe), et plus particulièrement à Mayotte (15,9 % de l’ensemble des IVG).

Autre marqueur d’obstacle à l’exercice du droit à l’avortement, la faible part  d’IVG en médecine de ville (où ne peuvent être pratiqués que des IVG médicamenteuses jusqu’à 7 SA) dans certaines régions.

Ainsi, moins de 10 % des IVG sont réalisées en cabinet libéral en Pays de la Loire et dans le Grand-Est alors que cette pratique concerne près du tiers des IVG en Provence-Alpes-Côte d’Azur ou en Île-de-France.

Ces données suggèrent donc la nécessité de permettre un meilleur l’accès à l’IVG dans certaines régions et d’intensifier les campagnes en faveur de la contraception, en particulier auprès des jeunes femmes résidant dans les DROM.

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr