Revue de presse Mediscoop du 08-04-2019

Exposition aux pesticides et risque d’autisme

Exposition aux pesticides et risque d'autisme

Par le Dr Sophie Florence (Paris)[Déclaration de liens d’intérêts]

L’exposition prénatale ou infantile à des pesticides (comme le glyphosate, le chlorpyrifos, le diazinon et la perméthrine), semble associée à une probabilité accrue de développer des troubles du spectre autistique. Des chercheurs californiens ont réalisé une étude cas-témoins en population pour examiner les associations entre l’exposition précoce aux pesticides ambiants et les troubles du spectre autistique. Ils recommandent d’éviter l’exposition des femmes enceintes et des nourrissons.

Différentes études ont montré de façon expérimentale que les pesticides pouvaient affecter le développement du cerveau. Toutefois, peu de recherches portent sur l’exposition aux pesticides des enfants en vie réelle.
Les auteurs ont voulu examiner si les expositions environnementales pendant le développement du cerveau précoce augmentaient le risque de troubles du spectre autistique chez les enfants. Is ont utilisé les données d’une cohorte populationnelle de personnes nées entre 1998 et 2010 dans une zone très agricole de la Californie.
Au total, 2961 patients avaient été diagnostiqués autistes (dont 445 atteints d’une déficience intellectuelle) et 35.370 témoins appariés aux cas selon le sexe et l’année de naissance. L’exposition in utero et dans la première année à 11 pesticides couramment utilisés a ensuite été évaluée (exposition ou non aux pesticides ambiants dans les 2000 m de la résidence de la mère pendant la grossesse).

Les auteurs ont retrouvé une légère augmentation du risque d’autisme chez les enfants exposés au glyphosate, au chlorpyrifos, au diazinon, au malathion, à la perméthrine, la bifenthrine et le bromure de méthyle (risque relatif significatif de 1,10 à 1,16).  Cette association était plus forte chez les personnes atteintes d’autisme et de déficience intellectuelle (RR significatif de 1,27 à 1,46).
Les auteurs concluent sur la nécessité d’éviter l’exposition prénatale et infantile aux pesticides pour protéger le cerveau de l’enfant en développement.

Référence : von Ehrenstein OS, Ling C, Cui X et al. Prenatal and infant exposure to ambient pesticides and autism spectrum disorder in children: population based case-control study. BMJ. 2019 Mar 20;364:l962.
Retrouver l’article en ligne

Date de publication : 8 avril 2019

================================================================

Actualités

AUTISME : La réalité virtuelle pour réduire les phobies

publiée le 2/04/2019 par Équipe de rédaction Santélog

Autism in Adulthood

Les peurs et les phobies sont courantes chez les personnes atteintes d'autisme et peuvent avoir une incidence sur leur capacité à mener leurs activités du quotidien.

Les peurs et les phobies sont courantes chez les personnes atteintes d’autisme et peuvent avoir une incidence sur leur capacité à mener leurs activités du quotidien. Cette étude de l’Université de Newcastle et du NHS Foundation Trust (UK) montre comment une exposition progressive au stimulus provoquant l’anxiété, une thérapie déjà bien documentée comme efficace contre les phobies dans la population non autiste, est à manier avec précaution chez les personnes autistes. Des conclusions, présentées dans la revue Autism in Adulthood qui suggèrent cependant une efficacité et des améliorations fonctionnelles de cette thérapie d’exposition, en combinaison avec la thérapie cognitivo-comportementale (TTC) chez les autistes atteints de phobies.

L’équipe a développé une intervention associant la TCC à une exposition immersive via la réalité virtuelle (VR) pour réduire l’anxiété chez ces patients. Cette thérapie a d’abord été testée, avec succès, auprès de jeunes souffrant de trouble du spectre autistique (TSA), puis, via une étude pilote chez des adultes autistes. Précisément, 8 adultes âgés de 18 à 57 ans ont suivi une séance de psychoéducation, puis 4 séances d’exposition progressive de 20 minutes avec un thérapeute dans une salle de réalité virtuelle immersive (Blue Room). Chaque participant a participé à toutes les séances, ce qui suggère déjà que l’intervention était réalisable et acceptable. Les participants ont ensuite été suivis pour leur anxiété et leurs phobies sur une durée de 6 semaines et 6 mois après l’intervention.

La réalité virtuelle, un outil prometteur pour réduire les craintes et la phobie de l’autisme : l’expérience montre en effet que :

  • 5 des 8 participants 6 mois après la fin de l’intervention, présentent toujours des améliorations fonctionnelles.

Certes, il s’agit de résultats préliminaires et sur un tout petit échantillon. Cependant, ces premières données suggèrent que la thérapie d’exposition par réalité virtuelle associée à la thérapie cognitivo-comportementale peut constituer un traitement efficace pour les autistes atteints de phobies. Ces données devraient donc être validées par de plus amples recherches.

« Des phobies sont généralement associées à l’autisme et causent souvent une grande détresse. Les résultats obtenus sont très préliminaires, mais il est excitant de voir des stratégies innovantes émerger pour un problème aussi complexe à traiter », concluent les chercheurs.

Source: Autism in Adulthood 14 Feb 2019 Using Virtual Reality Environments to Augment Cognitive Behavioral Therapy for Fears and Phobias in Autistic Adults

Plus sur les TSA sur Neuro Blog

===========================================================================================

CONDITIONS D’EXERCICE

Autisme : les médecins bientôt formés massivement au dépistage précoce

Par Y. P. le 02-04-2019

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/290x200/public/visuels_actus/kiddnoze_0.jpg?itok=8LDF6SY3 egora.fr

En perspective de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme du 2 avril, la secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie Cluzel a tenu à faire un point d’étape sur la stratégie autisme du gouvernement. La volonté est claire : tous les professionnels doivent massivement se former au repérage des signaux d’alerte

« Nous portons une ambition claire : la génération d’enfants autistes et atteints de troubles du neurodéveloppement nés en 2018 doit pouvoir aller à l’école maternelle comme les autres », a affirmé Sophie Cluzel dans une interview au Journal du dimanche. Un objectif ambitieux au regard de la situation sur le terrain.

Dévoilée en avril dernier, la stratégie autisme a été dotée de 344 millions d’euros sur cinq ans. A la suite du troisième plan autisme, elle se focalise notamment sur le dépistage précoce des enfants atteints de troubles du neurodéveloppement (TND) au sens large, ou de troubles du spectre autistique (TSA). Et ce, afin de permettre une prise en charge adaptée et une insertion rapide en milieu scolaire.

De leur côté, les associations dénoncent l’immobilisme sur le terrain. « Concrètement, rien n’a changé : quand on a un enfant avec des difficultés de développement, c’est toujours aussi compliqué », a déclaré Danielle Langloys, présidente de la fédération Autisme France, à l’AFP. « Tant qu’on ne mettra pas le paquet sur la formation initiale et continue des médecins, psychologues ou éducateurs spécialisés, la stratégie ne résoudra pas les problèmes. »

Une dizaine de plateformes d’intervention précoce d’ici l’été

Le paquet, c’est justement ce qu’annonçait le gouvernement à la veille de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme du 2 avril. « Nous allons aider les parents qui sont souvent les premiers lanceurs d’alerte en formant et en outillant tous les professionnels de santé (généralistes, pédiatres, médecins de PMI…) à repérer les écarts de développement dès les premiers mois et à orienter vers des professionnels dédiés », a indiqué la secrétaire d’État en interview.

Une trentaine de plateformes d’intervention précoce, doivent être mises en place d’ici à la fin de l’année, dont une dizaine d’ici à fin juin, a indiqué Claire Compagnon, déléguée interministérielle en charge du dossier, lors d’une conférence de presse lundi 1er avril. En collaboration avec les centres de ressources autisme (CRA), elles seront mobilisées pour former et informer les professionnels.

Les recommandations de la HAS concernant le dépistage de l’autisme chez les professionnels sont disponibles, en particulier dans le premier recours (généralistes, pédiatres, médecins scolaires…). Une altération des habiletés langagières et relationnelles de l’enfant, perceptible dès 12 mois et parfois plus tôt, ou encore une inquiétude des parents sur ces questions, doivent déboucher sur une consultation de repérage des signes de TSA et l’orientation, le cas échéant, vers une équipe de deuxième ligne pour le diagnostic.

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/carton-rouge-interdit.jpg?itok=if4-ciZIAutisme : radiée en France, elle poursuit ses consultations à 160€ par téléphone depuis la Suisse

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/fillette_0.jpg?itok=t-DWpJd1Autisme : l’atteinte des jeunes filles sous-estimée

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/bebe-roux_4.jpg?itok=oTRabJALRepérage de l’autisme : le médecin généraliste peut dorénavant effectuer une consultation longue à 60 euros

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/autisme-fenetre-pluie_2.jpg?itok=y79egoTrLe nouveau plan autisme dévoilé

================================================================

DÉONTOLOGIE  –  Par F Na. le 02-04-2019

Autisme : radiée en France, elle poursuit ses consultations à 160€ par téléphone depuis la Suisse

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/290x200/public/visuels_actus/carton-rouge-interdit.jpg?itok=_ijPCRpL egora.fr

Elle propose de guérir l’autisme par des régimes sans gluten et sans caséine. Une ex-généraliste, radiée en France et proche du Pr Luc Montagnier, continue pourtant de consulter par téléphone depuis la Suisse.

En 2010, le Dr S. est radiée de l’Ordre en raison des traitements trompeurs qu’elle propose aux familles d’enfants autistes. Au menu de cette proche du Pr Luc Montagnier, des régimes sans gluten et sans caséine. « Les traitements du Dr S. n’ont reçu aucune validation scientifique « , ils retardent « les prises en charge plus appropriées », tout en donnant des « espoirs inconsidérés à des familles dans le désarroi », tranche le délibéré.

Poursuivie devant l’Ordre pour sa thèse controversée sur les écrans et l’autisme

Qu’importe la radiation. La praticienne, par ailleurs présidente de l’association Ariane, qui se revendique comme la seule structure « spécialisée dans l’approche biomédicale de l’autisme », décide de s’installer en Suisse. Depuis Genève, elle propose des consultations téléphoniques au tarif de 160 euros, à régler par virement bancaire. Sur Internet, elle continue d’ailleurs de diffuser ses thèses. Dans une récente interview, elle assure que « la première chose, c’est traiter l’intestin. Il faut avant tout nettoyer la dysbiose. Au départ, je donne de l’allopathie parce qu’ils sont parfois trop infestés. Et, après, il est possible de donner de l’ail, de l’acide caprylique, de l’extrait de pépin de pamplemousse ».

Chélation des métaux lourds, cannabis… alerte aux « remèdes miracles » de l’autisme

Selon Le Parisien, qui consacre un dossier aux « charlatans de l’autisme », pas moins de 6 médecins installés en France feraient actuellement l’objet de procédures ordinales.

Dans les colonnes du quotidien, une mère d’enfant autiste raconte comment elle a rencontré une « nutri-détoxigologue », qui assure que tout vient du microbiote. Même l’autisme. La consultation est facturée 250 euros, et se termine par une ordonnance de six pages pour du beurre de karité et des tisanes drainantes. Au total, elle a dépensé pas moins de 6 000 euros en compléments alimentaires.

[Avec Leparisien.fr]

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/telvert_0.jpg?itok=fqEQBhpfAutisme Info Service : une nouvelle plateforme multicanal d’informations et d’orientation

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/fillette_0.jpg?itok=t-DWpJd1Autisme : l’atteinte des jeunes filles sous-estimée

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/vaccinok_31.jpg?itok=SgJpU3gINon, le vaccin ROR n’augmente pas le risque d’autisme

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/bebe-roux_4.jpg?itok=oTRabJALRepérage de l’autisme : le médecin généraliste peut dorénavant effectuer une consultation longue à 60 euros