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VIDÉO. Dériveur : une minute de folie furieuse en 420…

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Naviguer en 420, tout le monde connaît ou presque. Mais pour en faire comme sur cette vidéo, il faut la maîtrise du niveau international. Regardez les Italiens Tommaso Cilli et Bruno Mantero dans leurs œuvres, au planning dans la brise, à fond sous spi. Fabuleux !

Les champions italiens du 420 dans leurs œuvres.

Les champions italiens du 420 dans leurs œuvres. | CILI-MANTERO 420SAILINGTEAMAfficher le diaporama

Voiles et Voiliers Publié le 05/03/2020 à 17h24

Observez notamment la maîtrise à la barre et le jeu d’équilibriste de l’équipier. C’est beau, c’est rapide, c’est du top niveau. On ne s’en lasse pas !

LA VIDÉO ICI

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VIDÉO. Vendée Globe : Jérémie Beyou, marin au taquet sur la prépa physique…

Accueil Vendée Globe

Cap sur le Vendée Globe, épisode 22. Parce que les bateaux volants sont devenus très exigeants, bien se préparer physiquement est incontournable. Connu pour ne rien laisser au hasard et adepte du dépassement de soi, Jérémie Beyou, le skipper de Charal, excelle dans ce domaine. Nous l’avons suivi durant une séance où, malmené par son coach, il nous a expliqué l’importance d’une préparation rigoureuse.

Gainage, proprioception, musculation, cardio... Jérémie Beyou prend sa préparation physique très au sérieux, pour le Vendée Globe.

Gainage, proprioception, musculation, cardio… Jérémie Beyou prend sa préparation physique très au sérieux, pour le Vendée Globe. | THIERRY CREUX

Ouest-France Laurent Frétigné. Publié le 02/03/2020

Short bleu, t-shirt technique trempé de sueur, chaussures de sport… Jérémie Beyou a troqué le ciré pour sa séance de préparation physique avec son coach Stéphane Eliot. « Son » Charal n’est pas loin, puisque cela se passe dans une salle surplombant le beau monocoque noir sur lequel on s’affaire à installer les nouveaux foils.

Mais c’est l’affaire des techniciens de son équipe, le skipper, lui, enchaîne les exercices. Abdos, cuisses, épaules… Tous les groupes musculaires sont sollicités. Et ça pique. Exceptés quelques jurons, il s’y plie de bonne grâce, conscient que « la préparation physique est devenue un incontournable de la course océanique. » Surtout quand on est un prétendant à la victoire.

Parce que les bateaux volants sont des support en déséquilibre permanent, le travail de gainage est essentiel pour le skipper de Charal. | THIERRY CREUX

Pas de compétition plus longue

Au fil du temps, Jérémie Beyou, quil’intègre à son programme depuis 2013,en est même devenu un adepte. « Je m’y suis mis sur le tard, mais j’y ai pris goût. Avant je faisais juste un peu de footing et de basket, mais pas de muscu, pas de kiné… Notre sport c’était naviguer », rappelle le Finistérien basé à Lorient.

Plus possible, aujourd’hui. Il faut d’abord se préparer à endurer au moins 70 jours de mer. « Il n’existe pas d’autre sport où la compétition est aussi longue », note Stéphane Eliot. C’est donc tout d’abord l’endurance que Jérémie Beyou travaille en ce moment sur home-trainer« Je dois réaliser 1 200 km en 16 séances, à 140 pulsations par minute. » C’est la préconisation d’un bilan effectué avec la clinique du sport Human Fab.

Boulot de déménageur

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Ces qualités cardio-respiratoires sont les fondations permettant au skipper d’être en pleine capacité pour dompter des bateaux de plus en exigeants depuis qu’ils volent. « Sur Charal, il ne faut pas se faire dépasser. La faute de vigilance ou l’erreur dans la manoeuvre coûte très cher. Si on n’est pas physiquement au point, ça ne peut pas fonctionner. »

Le maître-mot est donc de ne pas se blesser. Qu’il se dresse sur ses foils ou qu’il freine violemment, le bateau est un support en déséquilibre permanent qui peut « très vite devenir casse-gueule », promet Beyou. « La base, c’est donc le gainage et la proprioception pour renforcer la musculature profonde », renchérit Stéphane Eliot.

Mais il faut aussi combiner un gros travail de force et de puissance, parce que manoeuvrer ces bateaux volants relève du « boulot de déménageur ». En effet, pour voler, ils doivent être à l’équilibre sur un foil et une quille. « Mais sans plan porteur à l’arrière, il faut stabiliser ce vol à l’aide des ballasts, les volumes d’eau embarqués, mais aussi en bougeant sans cesse les poids à bord, voiles, avitaillement, matos de sécurité et de rechange, pour bien les répartir sur le bateau. C’est à peu près une tonne qu’on doit bouger entre une et dix fois par jour », précise Jérémie Beyou.

Pas de cadeaux

Mieux vaut donc s’y préparer en soulevant de la fonte et aimer se faire mal en salle de muscu pour supporter cela.« Il faut avoir envie d’être dans le dépassement de soi. C’est ce qui nous anime avec Charal. On est là pour prendre du plaisir, mais il vient aussi de la souffrance et de la difficulté », avoue-t-il.

Jérémie Beyou est devenu un adepte du dépassement de soi et de la préparation physique. | THIERRY CREUX

Pour s’y préparer, à raison de trois fois par semaine, Stéphane Eliot pousse donc le skipper dans ses derniers retranchements, musclant, sculptant, et endurcissant son corps au cours de séances de gainage, de proprioception, de musculation et de cardio.

« On varie les plaisirs pour que les séances soient ludiques, mais je ne lui fais pas de cadeaux, car il faut toujours aller dans cette zone d’effort max qui permet un travail de qualité », assure cet ancien karatéka, qui a officié au club de rugby de Massy. « Jérémie, c’est quelqu’un qui a un mental d’acier, qui adore se surpasser ».

De l’avis de tous les observateurs, il s’est aussi transformé physiquement depuis 2013. « Et comme il a performé en gagnant la Solitaire du Figaro et en terminant 2e du Rhum, cette saison-là, ça a donné des idées à d’autres », explique le coach, comme tout le monde l’appelle chez Charal, qui fait aussi transpirer d’autres skippers à Lorient.

Pic de forme

Un travail sur la nutrition s’ajoute à cet entraînement, « en faisant attention à quand même se faire plaisir ». Ainsi que sur le sommeil. Jérémie Beyou fait, par exemple, des séances de cryothérapie, « qui m’avaient aidé après le dernier Vendée Globe à retrouver mon sommeil de terrien ».

Il bénéficie aussi, en tant qu’athlète de haut niveau, du suivi biologique longitudinal, qui permet de déceler des carences, des fatigues, mais aussi de programmer la préparation pour atteindre le pic de forme à l’automne. C’est ainsi qu’elle sera allégée dès la remise à l’eau du bateau selon un protocole différent, car les manoeuvres à bord prendront le relais de la muscu.

Néanmoins, elle se poursuivra jusqu’au départ. C’est d’autant plus important que le skipper ne peut plus naviguer les derniers jours. « C’est comme si un footballeur n’avait plus droit de toucher un ballon avant un match. »

Ces dernières séances, moins longues mais tout aussi intensives, sont prépondérantes. Notamment pour aborder le début de course sereinement.

« La dette de sommeil se fait là. Si tu pars frais, bien reposé, clair dans ta tête et ton corps, tu vas bien identifier tes premières phases de course et ne pas te mettre carpette d’entrée. » Ça, c’est uniquement en ce moment lors de ses séances avec son coach.