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MICROBIOTE : La fibre de lin, la meilleure des fibres pour l’intestin… ?

Actualités  –  publiée le 15/03/2019 par Équipe de rédaction Santélog

American Journal of Physiology: Endocrinology and Metabolism

La fibre de lin qui fermente dans l'intestin pourrait améliorer la santé et réduire l'obésité

La fibre de lin qui fermente dans l’intestin pourrait bien améliorer la santé et réduire significativement l’obésité : cette étude menée chez la souris montre que cette fibre en particulier augmente les « bonnes » bactéries et les acides gras bénéfiques dans l’intestin. Des conclusions présentées dans l’American Journal of Physiology : Endocrinology and Metabolism qui révèlent une option naturelle, par le régime alimentaire, pour améliorer la santé métabolique et lutter contre la prise de poids.

De nombreuses études ont déjà suggéré que « ces organismes » qui vivent dans le tube digestif ou microbiote intestinal jouent un rôle dans la régulation du poids et dans la façon dont l’organisme traite le sucre (tolérance au glucose). La décomposition des fibres alimentaires dans l’intestin ou fermentation entraîne des modifications favorables du système digestif, telles qu’une augmentation des acides gras bénéfiques, permettant de réduire la production de tissu adipeux et d’améliorer la fonction immunitaire.

Ici, l’étude se concentre sur la graine de lin, riche en fibres dont il a déjà été prouvé qu’elle peut améliorer le taux de cholestérol et l’inflammation du côlon. Cependant, peu de recherches avaient encore été menées sur la fermentescibilité de la graine de lin et sur l’effet de la fibre de lin sur le microbiote intestinal.

C’est chose faite avec cette étude, menée sur la souris, soumise à 4 régimes différents :

  • un régime alimentaire standard contenant 4,6% de fibres de soja (groupe témoin) ;
  • un régime riche en graisses ne contenant pas de fibres (régime riche en graisses) ;
  • un régime alimentaire riche en matières grasses contenant 10% de fibres de cellulose non digestibles (régime à base de cellulose) ;
  • un régime riche en graisses contenant 10% de fibres de lin (régime graines de lin).

L’équipe de recherche a mesuré la quantité d’oxygène utilisée par les souris, le dioxyde de carbone produit, les aliments et l’eau consommés et l’énergie dépensée. La tolérance au glucose a également été évaluée à la fin de l’essai, d’une durée de 12 semaines. Les chercheurs ont également analysé le microbiote des animaux.

Ces différentes données et analyses révèlent que :

  • le groupe « régime riche en graisses » présente moins de bactéries associées à une amélioration de la santé métabolique, des niveaux plus bas d’acides gras bénéfiques et davantage d’une bactérie liée à l’obésité par rapport aux autres groupes ;
  • les niveaux de bactéries dans les groupes « cellulose » et « graine de lin » sont revenus à des niveaux plus sains par rapport au groupe « régime riche en graisses » ;
  • le groupe « graines de lin » se montre plus actif physiquement et sa prise de poids est réduite par rapport au groupe « régime riche en graisses » ;
  • le groupe « graines de lin » bénéficie aussi d’un meilleur contrôle de la glycémie et de niveaux d’acides gras bénéfiques comparables à ceux du groupe témoin sain ;
  • l’examen des microbiotes révèle que, dans le groupe « graines de lin », les bactéries présentent des fibres de ferment provenant de la couche épaisse et collante de la coque de lin. Les bactéries qui effectuent la fermentation produisent alors des acides gras bénéfiques.

La supplémentation en fibres de lin affecte le métabolisme de manière bénéfique, en augmentant la dépense énergétique et en réduisant la prise de poids, ainsi qu’en améliorant la tolérance au glucose.

Il faudra encore comprendre la contribution relative des différents microbes et les mécanismes sous-jacents de cet effet des fibres de lin sur le métabolisme de l’hôte, mais le résultat est bien là, soulignent les chercheurs.

Source : American Journal of Physiology: Endocrinology and Metabolism Feb 2019 Microbial fermentation of flaxseed fibers modulates the transcriptome of GPR41-expressing enteroendocrine cells and protects mice against diet-induced obesity

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SÉDENTARITÉ : Un facteur majeur et indépendant de cancer colorectal précoce…

Actualités  –  publiée le 15/03/2019 par Équipe de rédaction Santélog

JNCI Cancer Spectrum

Il existe  un lien, dose-dépendant entre le temps passé assis devant la télévision et l’augmentation du risque de cancer colorectal chez les jeunes adultes.

On connait déjà plusieurs effets néfastes sur la santé liés à une position assise prolongée. Cette étude de de l’Université de Washington montre que rester trop souvent et longtemps assis est associé aussi au risque de cancer colorectal …avant l’âge de 50 ans. Des données présentées dans le JNCI Cancer Spectrum qui révèlent même un lien, dose-dépendant entre le temps passé assis devant la télévision et l’augmentation du risque de cancer colorectal chez les jeunes adultes.

Le cancer colorectal d’apparition précoce, soit diagnostiqué chez les moins de 50 ans, est en augmentation dans le monde, une évolution qui contraste fortement avec les baisses spectaculaires observées chez les personnes plus âgées, principalement en raison de la mise en œuvre du dépistage. Le cancer colorectal précoce est caractérisé par des marqueurs moléculaires relativement différents de ceux du cancer colorectal d’apparition plus tardive. Ce cancer plus précoce est aussi plus agressif et est souvent détecté à un stade plus avancé que chez les patients plus âgés, ce qui obère son pronostic. Cependant, à ce jour, peu de facteurs de risque spécifiques au cancer colorectal précoce ont été identifiés.

Ici, les chercheurs s’attardent sur le temps passé à regarder la télévision, ainsi que sur d’autres comportements sédentaires, chez 89.278 femmes participant à la cohorte bien connue Nurses’ Health Study II. 118 cas de cancer colorectal précoce sont diagnostiqués sur la vingtaine d’années de suivi.

L’analyse montre que :

  • plus d’1 heure de télévision par jour est associé à une augmentation de 12% du risque de cancer colorectal précoce (vs moins de sédentarité) ;
  • ces résultats sont encore plus frappants avec plus de 2 heures de télévision par jour : l’augmentation d’incidence de ce cancer précoce grimpe alors à 70% ;
  • l’association sédentarité et risque de cancer colorectal précoce reste indépendante de l’IMC et de la pratique de l’exercice ou d’antécédents familiaux de cancer colorectal. Cela suggère que la sédentarité est un facteur indépendant et que la pratique de l’exercice ne suffit pas à gommer ses effets.
  • Enfin, l’association était également plus prononcée pour le cancer du rectum que pour le cancer du côlon.

Des résultats parmi les premiers à établir un lien entre les comportements comportementaux sédentaires et le risque de cancer colorectal précoce. Des résultats qui peuvent aussi contribuer à identifier les patients à risque élevé et qui pourraient bénéficier davantage d’un dépistage précoce.

Enfin, le fait que ces résultats soient indépendants de l’IMC et de l’activité physique, suggère que la sédentarité pourrait constituer un facteur de risque tout à fait distinct de développement de ce cancer d’apparition précoce.

Source: JNCI Cancer Spectrum February 5, 2019 DOI : 10.1093/jncics/pky073 Sedentary Behaviors, TV Viewing Time, and Risk of Young-Onset Colorectal Cancer

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