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Difficultés de sommeil chez l’adolescent : spécificités et prise en charge…

Actualités & Opinions > Medscape – vendredi 29 mai 2020  –  POINT DE VUE

Dr Marie-Josèphe Challamel – AUTEURS ET DÉCLARATIONS – 11 mai 2020

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Paris, France— A l’occasion de la journée du sommeil, le Dr Marie Josèphe Challamel (pédiatre, spécialiste du sommeil de l’enfant) revient les spécificités du sommeil de l’adolescent et les difficultés qu’il peut rencontrer.

Chez l’adolescent, les besoins en sommeil sont d’au moins 9 à 10 heures par nuit alors que le plus souvent, il n’a que 7 heures de repos, en particulier les jours scolaires, indique le Dr Challamel. « Il existe donc une grande privation de sommeil chez l’adolescent », insiste-t-elle.

« Il existe…une grande privation de sommeil chez l’adolescent. »

Dr Marie Josèphe Challamel

Il y a plusieurs raisons à ces nuits courtes. L’une d’elles est que les adolescents ont une tendance naturelle à décaler leur rythme de sommeil, en général vers 23 heures. Mais, les horaires très matinaux des années de collège et de lycée et la sur-consommation d’écrans, allant souvent jusqu’à 6 heures par jour, contribuent également à la privation de sommeil des adolescents.

Pour lutter contre cette privation de sommeil, le Dr Challamèle rappelle que les spécialistes préconisent depuis plusieurs années que les horaires scolaires soient décalés de 8h à 9h le matin. Elle souligne notamment qu’une expérience menée aux Etats-Unis a montré que retarder le début des cours permettait d’améliorer significativement la motivation, la mémoire et l’attention et diminuait le risque de dépression et d’obésité.

En termes de prise en charge des insomnies de l’adolescent, « les médicaments n’ont pas leur place, sauf quand les décalages d’endormissement sont très importants, après 2 heures du matin et que l’adolescent n’est plus capable de se lever pour se rendre au collège ou au lycée, où là on peut s’aider de la mélatonine », précise la pédiatre qui ajoute que « la prise en charge est avant tout comportementale ».

Cette prise en charge comportementale consiste à recaler l’adolescent sur un rythme jour/nuit avec d’abord des levés plus précoces puis des couchers moins tardifs.

Le Dr Challamel souligne sur l’importance d’être actif dès le réveil avec un déjeuner en famille par exemple et si possible une activité physique pratiquée à la lumière du jour. Elle insiste également sur la nécessité d’éliminer les d’écrans dans la chambre à coucher et en particulier les jeux vidéo violents ou compétitifs au moment du coucher.

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Citer cet article: Difficultés de sommeil chez l’adolescent : spécificités et prise en charge – Medscape – 11 mai 2020.

ÉPILEPSIE : Les décès augmentent pourtant beaucoup pourraient être évités…

Actualités  –  publiée le 29/05/2020 par Équipe de rédaction Santélog

European Journal of Neurology et EAN

Le fardeau des décès liés à l'épilepsie reste élevé sans que les causes de ces décès soient bien connues (visuel AdobeStock_228893665)

Le fardeau des décès liés à l’épilepsie reste élevé, en particulier chez les jeunes adultes et surtout il ne diminue pas, alerte cette équipe de l’Université d’Édimbourg, qui présente ses résultats à l’occasion de l’European Academy of Neurology (EAN) Virtual Congress.

Des données à paraître dans l’European Journal of Neurology, qui appellent à travailler à une identification plus précise des facteurs de risque et à une optimisation de leur prévention.

L’épilepsie est une maladie chronique qui affecte environ 50 millions de personnes dans le monde, ce qui en fait l’une des maladies neurologiques les plus courantes. Si de nombreux déclencheurs des crises, qui peuvent entraîner des blessures ou le décès, sont documentés, dont le manque de sommeil, le stress ou la consommation d’alcool, on ignore quels sont précisément les causes et les facteurs de risque de décès chez les patients épileptiques.

Depuis 10 ans, les taux de mortalité liés à l’épilepsie n’ont pas diminué

La recherche révèle en effet que les taux de mortalité liés à l’épilepsie n’ont pas diminué entre 2009 (6,8/100.000) et 2015 (9,1/100.000), en dépit des progrès réalisés dans les traitements. Ainsi, ces décès considérés comme évitables touchent particulièrement – avec un risque de décès multiplié par 6- les jeunes adultes âgés de 16 à 24 ans.

Les jeunes adultes au début de la vingtaine et de la trentaine représentent ainsi 78% des décès liés à l’épilepsie.

Les chercheurs ont analysé des données anonymes d’établissements de santé et de décès intervenus entre 2009 et 2016.

Cette analyse a permis d’identifier 2.149 décès liés à l’épilepsie.

  • 60% de ces patients ont connu 1 ou plusieurs hospitalisations liées à des crises au cours des années précédant le décès,
  • moins de 25% ont consulté un service de neurologie ;
  • les causes de décès les plus courantes sont :
  • la mort subite inattendue liée à l’épilepsie,
  • la pneumonie par aspiration,
  • l’arrêt cardiaque,
  • les malformations congénitales,
  • les décès liés à l’alcool.

Beaucoup de ces décès pourraient être évités : l’auteur principal, le Dr Gashirai Mbizvo de l’Université d’Édimbourg, relève que s’il est clair que les patients épileptiques encourent un risque plus élevé de décès prématuré et que les taux de décès sont en augmentation, les causes des décès restent encore mal connues.

« Beaucoup de ces décès pourraient être évités et mieux identifier les facteurs de risque permettrait des améliorations dans les soins de l’épilepsie ».

La recherche va donc se poursuivre et ces données vont être comparées aux données de patients vivants, atteints d’épilepsie et appariés pour le sexe et l’âge. Ces comparaisons vont se concentrer sur le type d’épilepsie, la classe socio-économique, les soins reçus et les comorbidités, telles que la dépression.

Source: EAN 24-May-2020 Epilepsy-related deaths common in young adults and are not reducing, new research shows

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