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Quand les prématurés deviennent adultes…

https://www.jim.fr/e-docs/00/02/C0/3D/carac_photo_1.jpg Publié le 12/11/2019

Quel est l’état de santé des prématurés parvenus à l’âge adulte ? On sait que certaines pathologies, comme le syndrome métabolique, l’asthme et les troubles neuropsychiatriques, sont plus fréquentes chez eux. Des chercheurs suédois ont abordé la question d’un point de vue opposé : ils ont voulu déterminer quelle proportion de prématurés vivaient « en bonne santé » à l’âge adulte.

Dans la cohorte des naissances 1973-1997 de la Suède, 5,8 % des naissances (149 000/2 570 000) sont survenues prématurément (avant < 37 sem.), dont 0,2 % de 22 à 27 sem., 1,3 % de 28 à 33 sem., et 4,3 % de 34 à 36 sem.

En 2015, à un âge allant de 18 à 43 ans (moyenne : 30 ± 7 ans), le taux de survie de l’ensemble des prématurés de la cohorte est de 94 % (140 000 / 149 000). Il est passé de 91 % pour l’année 1973 à 95,7 % pour l’année 1997, l’augmentation étant spectaculaire chez les 22-27 sem. (de 30 % à 62,5 %).

Les comorbidités listées dans les index AYA HOPE et de Charlson – axés sur les maladies chroniques – ont été recherchées chez tous les membres de la cohorte toujours vivants en 2015, en consultant des registres hospitaliers (hospitalisations et consultations externes) et pharmaceutiques.

En 2015, le taux de survie sans comorbidités majeures de l’ensemble des prématurés de la cohorte s’élève à 55% après exclusion des maladies listées dans l’index AYA HOPE, et à 73 % après exclusion des maladies listées dans l’index de Charlson. La différence de pourcentage s’explique par le fait que le premier index est plus détaillé que le second index. L’index AYA HOPE cite nommément plusieurs affections associées à la prématurité, telles que l’asthme, l’hypertension artérielle, le diabète sucré, les maladies rénales, les troubles mentaux, la paralysie cérébrale et l’épilepsie.

Plus de la moitié en bonne santé

Ainsi, plus de la moitié des prématurés nés en Suède, de 1973 à 1997, est toujours vivante à 18-43 ans et indemne des maladies chroniques de l’index AYA HOPE (score de « 0 » à l’AYA HOPE). Le taux est inférieur à celui des enfants nés à terme. Il est plus élevé quand le suivi est arrêté à l’âge de 18 ans au lieu de l’année 2015, ce qui indique une dégradation de l’état de santé après 18 ans. Il dépend du degré de prématurité, avec un accroissement de 2 % par semaine d’âge gestationnel en plus, mais pas de la décennie de naissance.

Taux de survie sans comorbidités majeures (index AYA HOPE)

Age au décompte Enfants nés à 39-41 sem.   Prématurés (< 37 sem.)   22-27 sem. 28-33 sem. 34-36 sem.
18 ans   86 % 77 % 31 % 68 % 81 %
18 à 43 ans   63 % 55 % 22 % 48,5 % 58 %

Par rapport aux enfants nés à 39-41 sem., la probabilité de survie sans comorbidités majeures à la fin du suivi (en 2015), évaluée par des régressions de Poisson, est inférieure de 14 % chez l’ensemble des prématurés, et de 65 % chez les très grands prématurés (Risques Relatifs ajustés : 0,86 à < 37 sem. ; 0,35 à 22-27 sem. ; 0,76 à 28-33 sem. ; 0,91 à 34-36 sem ; p < 0,001 pour tous les RR).

L’asthme est la plus fréquente des maladies chroniques que présentent les anciens prématurés, avec une prévalence de 15 %. L’association entre prématurité et maladies semble renforcée par le sexe masculin mais pas par des facteurs intrafamiliaux – génétiques ou environnementaux -.

Les anciens prématurés ont fait plus rarement des études prolongées (> 12 ans) que leurs pairs nés à terme ; ils ont moins fréquemment un emploi et des revenus supérieurs à la médiane de la cohorte.

En conclusion, plus de la moitié des prématurés nés de 1973 à 1997 en Suède ne présentent pas de comorbidités majeures à l’âge adulte. Pour les auteurs, ce pourcentage relativement élevé de survies « en bonne santé » reflète non seulement les progrès des soins au cours des 50 dernières années, mais aussi la résilience des prématurés survivants pour se maintenir en bonne santé. Toutefois, le résultat est moins bon chez les très grands prématurés.

Une des limitations de l’étude est de s’arrêter à l’âge de 43 ans au maximum. Une approche de la santé sur la durée de la vie, une des grandes priorités de l’OMS, sera essentielle pour surveiller et promouvoir la santé des prématurés survivants tout au long de leur vie.

Dr Jean-Marc Retbi

RÉFÉRENCE: Crump C et coll. : Prevalence of survival without major comorbidities among adults born prematurely. JAMA 2019 ; 322 : 1 580-1 588

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La prématurité est bel et bien un facteur de risque de syndrome métabolique à l’âge adulte

VITAMINE D : Elle détermine la fonction musculaire chez les plus âgés…

Actualités = publiée le 11/11/2019 par Équipe de rédaction Santélog

Clinical Interventions in Ageing

La carence en vitamine D s’avère associée à une mauvaise fonction musculaire chez les adultes de 60 ans et plus, conclut cette étude d’une équipe du Trinity College Dublin. Alors que le maintien de la fonction des muscles squelettiques tout au long de la vie est un élément essentiel du vieillissement en bonne santé, car il favorise l’autonomie, la mobilité, la qualité de vie et réduit le risque de chutes et la fragilité, le statut en vitamine D doit être surveillé, compte-tenu de ce rôle protecteur. Ces conclusions présentées dans la revue Clinical Interventions in Aging, ne dispensent pas de la pratique d’exercices de force et de résistance, connus pour préserver la fonction musculaire.

Il s’agit de l’analyse des données de 4.157 adultes âgés de 60 ans et plus, participant à l’étude ELSA (English Longitudinal Study of Aging). L’étude a pris en compte 2 mesures validées de la fonction musculaire, la force de préhension et le score au test Short Physical Performance Battery (SPPB). Les niveaux sériques de vitamine D [25-hydroxyvitamine D] ont été mesurés et la carence en vitamine D a été définie comme une concentration <30 nmol / L, ce seuil étant associé à un risque de maladie osseuse.

A l’âge mûr, une carence en vitamine D est associée à une diminution de la force et des performances musculaires.

L’analyse montre en effet que :

  • la prévalence de la faiblesse musculaire est 2 fois plus élevée chez les adultes âgés présentant un déficit en vitamine D (40,4%) que chez ceux présentant des niveaux satisfaisants (21,6%) ;
  • une altération de la performance musculaire est 3 fois plus souvent retrouvée chez les personnes âgées présentant un déficit en vitamine D (25,2%) que chez les patients présentant des niveaux adéquats (7,9%) ;
  • des statistiques plus complexes révèlent qu’une carence en vitamine D augmente de manière significative le risque de perte de force et de performance musculaires ;
  • les avantages associés à l’activité physique sont également confirmés : les adultes plus âgés qui pratiquent régulièrement une activité physique modérée présentent un risque réduit de perte de force musculaire et de baisse de performance physique.

Des approches multimodales pour un vieillissement en bonne santé : s’il est généralement admis que la carence en vitamine D (au seuil de 25 (OH) D <30 nmol / L) doit être inversée pour prévenir les maladies osseuses, cette même stratégie sera également protectrice pour la fonction des muscles squelettiques au cours du vieillissement.

Mais au-delà, alors que le maintien de la fonction musculaire est extrêmement important pour un vieillissement en bonne santé, il s’agit d’encourager les approches multimodales intégrant l’activité physique, l’inversion des carences en vitamine D et d’autres éléments modifiables du régime alimentaire et du mode de vie.

L’auteur principal, Niamh Aspell, ajoute que de futures recherches futures devront vérifier, chez des personnes âgées carencées, que le rétablissement d’un statut normal en vitamine D améliore la fonction des muscles squelettiques-et la santé osseuse. Mais la bonne nouvelle est que le statut en vitamine D et l’activité physique sont des facteurs modifiables.

Des interventions en population générale sont également possibles, comme l’enrichissement de certains aliments en vitamine D.

Source: Clinical Interventions in Ageing Oct, 2019 DOI : 10.2147/CIA.S222143 Vitamin D Deficiency Is Associated With Impaired Muscle Strength And Physical Performance In Community-Dwelling Older Adults: Findings From The English Longitudinal Study Of Ageing

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