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STRESS : Il donne faim ou coupe la faim, pourquoi ?

Actualités – publiée le 21/09/2019 par Équipe de rédaction Santélog

Nature Communications

Chez certains, le stress fait manger plus, chez d’autres le stress « coupe l’appétit ».

Chez certains, le stress donne faim, chez d’autres le stress « coupe l’appétit ». Pourquoi ? Cette étude de l’Université du Texas (Houston), menée chez l’animal, révèle comment le stress peut perturber le désir de manger. Ces travaux, présentés dans la revue Nature Communications, identifient une zone du cerveau qui contrôle précisément l’impact des émotions sur l’alimentation.

Ces chercheurs experts en troubles du comportement alimentaire (TCA) ont en effet identifié un circuit neurologique spécifique -ici chez des souris- et qui, une fois activé, augmente leur niveau de stress et réduit, simultanément leur désir de manger. Une cible prometteuse pour tenter de réguler la faim et la prise alimentaire ?

Un réseau neuronal qui régule l’effet des émotions sur l’alimentation

Ces recherches vont présenter des implications importantes pour la prise en charge de TCA dont l’anorexie mentale, un trouble responsable du taux de mortalité le plus élevé de tous les troubles mentaux. Car les personnes souffrant d’anorexie mentale ont un comportement d’évitement des aliments, limitent sévèrement ou ne consomment que de toute petites quantités de certains aliments. Même lorsque ces patients se retrouvent avec un poids corporel très insuffisant, certains peuvent toujours se considérer comme en surpoids. Ces recherches pourraient, tout autant, permettre de réguler les comportements d’hyperphagie en réponse, chez d’autres, à l’exposition au stress.

En préambule, l’auteur principal, Qingchun Tong, professeur associé au Centre pour les maladies métaboliques et dégénératives de l’UTHealth, rappelle que les souris et les humains ayant un système nerveux très similaire, les découvertes de son équipe vont bien contribuer à, mieux comprendre comment, chez les humains -et pas seulement chez les souris-, cette zone du cerveau régule la faim.

Deux zones sont concernées : C’est la première fois qu’une équipe de recherche décrypte le rôle de ce neurocircuit dans la régulation du stress et de la faim. Alors que de précédentes recherches ont établi que le stress peut à la fois réduire et augmenter le désir de manger, les mécanismes neuronaux qui agissent sur la régulation de l’alimentation médiés par la réponse au stress restaient jusque-là mal compris. Ici, l’équipe se concentre sur un neurocircuit reliant deux zones du cerveau : l’hypothalamus paraventriculaire, une zone du cerveau liée à l’alimentation, et le septum latéral ventral, une zone du cerveau vouées aux émotions.

Ce neurocircuit agit comme un interrupteur marche / arrêt : lorsque les chercheurs activent, par optogénétique, chez la souris, le neurocircuit, ils constatent une augmentation du niveau d’anxiété et une diminution de l’appétit. À l’inverse, lorsque les chercheurs inhibent le circuit neuro-cérébral, les niveaux d’anxiété sont réduits et la faim est augmentée.

Certes des tests précliniques supplémentaires restent nécessaires pour confirmer ces résultats, mais, en regard de l’omniprésence du stress dans nos société et de l’épidémie d’obésité, ce neurocircuit apparait, à ce stade, une cible prometteuse pour « enrayer la faim ».

Source : Nature Communications  01 August 2019 Identification of a neurocircuit underlying regulation of feeding by stress-related emotional responses

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GROSSESSE et PARACÉTAMOL : Risque de troubles du comportement chez l’enfant…

Actualités – publiée le 17/09/2019 par Équipe de rédaction Santélog

Paediatric and Perinatal Epidemiology

Les femmes doivent faire preuve de prudence lorsqu'elles prennent des médicaments pendant la grossesse.

C’est un comportement décrit comme plus hyperactif et plus « infantile » de l’enfant, lié à la prise de paracétamol de sa mère pendant la grossesse, que révèle cette équipe de l’Université de Bristol. Un trait supplémentaire qui vient s’ajouter aux effets de l’exposition in utero, sur le comportement de la progéniture. Ces conclusions, présentées dans la revue Paediatric and Perinatal Epidemiology, renforcent la recommandation selon laquelle les femmes doivent faire preuve de prudence lorsqu’elles prennent des médicaments pendant la grossesse.

Y compris quand il s’agit de paracétamol…et même si le paracétamol est l’analgésique le plus couramment utilisé, notamment en France, et y compris pendant la grossesse pour soulager la douleur. Plusieurs études ont déjà sensibilisé les usagers à la nécessité de suivre les instructions posologiques pour les produits contenant de l’acétaminophène, un ingrédient actif présent dans des centaines de médicaments en vente libre et sur ordonnance indiqués pour la douleur et la fièvre. Risques de lésions hépatiques, de troubles de la fonction cérébrale, nécessité d’une thérapie de remplacement rénale ou de ventilation mécanique, dépasser sur plusieurs jours les doses autorisées de paracétamol peut entrainer des effets sévères voire conduire au décès.

L’exposition prénatale au paracétamol peut entraîner des troubles du comportement chez l’Enfant

Cette nouvelle recherche sur le sujet, examine si la prise de paracétamol au milieu de la grossesse entraîne des effets sur le comportement de la progéniture entre l’âge de 6 mois et 11 ans, et sur la mémoire et le QI jusqu’à l’âge de 17 ans. Les chercheurs ont analysé les données de l’étude Avon Longitudinal Study of Parents and Children (ALSPAC) et les informations scolaires tirés de l’étude Bristol’s Children of the 90s portant sur 14.000 enfants. Une première analyse montre qu’à 7 mois de grossesse, 43% des mères ont déclaré avoir pris du paracétamol « parfois » ou plus souvent au cours des 3 mois précédents. Les chercheurs ont examiné les résultats des tests de mémoire, de QI et de cursus préscolaire, de tempérament et de comportement des enfants.

Leur analyse révèle :

  • une association entre la consommation maternelle de paracétamol durant la grossesse et l’hyperactivité et des problèmes d’attention chez les enfants, ainsi que d’autres comportements difficiles ne pouvant être expliqués par des facteurs sociaux ou environnementaux ;
  • ces troubles du comportement disparaissent à la fin de l’école primaire ;
  • les garçons semblent être plus vulnérables que les filles à ces effets du médicament sur le comportement.

Des effets indésirables multiples : Le Pr Jean Golding, auteur principal de l’étude, commente ces résultats : « Ils ajoutent à la preuve des effets indésirables possibles de la prise de paracétamol pendant la grossesse, tels que des problèmes d’asthme ou de comportement des enfants. Les femmes enceintes doivent consulter et rester prudentes lorsqu’elles prennent des médicaments pendant la grossesse ».

Ces résultats d’association devront être validés par d’autres études démontrant lien de causalité. Il s’agira aussi de vérifier que ces troubles du comportement associés ne perdurent pas à l’âge adulte.  

Source: Paediatric and Perinatal Epidemiology Sept, 2019 DOI : 10.1111/ppe.12582 Associations between paracetamol (acetaminophen) intake between 18 and 32 weeks gestation: a longitundinal cohort study

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