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TRACKER : Un collecteur d’énergie flexible qui convertit la chaleur du corps humain…

Actualités  –  publiée le 15/02/2020 par Équipe de rédaction Santélog

Applied Energy

Un petit dispositif flexible, collecteur de chaleur, va apporter aux dispositifs portables, de type "trackers", une complète autonomie

Les nouveaux trackers récupèrent les données du corps humain, bientôt ils récupèreront aussi son énergie. Cette équipe de bioingénieurs de l’Université de Caroline du Nord franchit une étape dans leur autonomie : un petit dispositif flexible, collecteur de chaleur, va apporter à ces dispositifs portables une complète autonomie.

Il récupère l’énergie thermique du corps humain qui suffit au tracker comme seule source d’énergie. Un développement présenté dans la revue Applied Energy, qui intéressera toutes les équipes de recherche qui travaillent sur ces technologies portables.

Ce « collecteur de chaleur corporelle » flexible avait déjà été décrit pour la première fois en 2017. Depuis, il a considérablement progressé même si l’objectif des ingénieurs est resté le même, utiliser l’énergie thermique du corps humain pour alimenter ces dispositifs qui mesurent, à même la peau, la fréquence cardiaque, l’oxygène dans le sang, le glucose et d’autres paramètres de santé. Ils n’auront bientôt plus jamais besoin d’être rechargés ou d’être équipés de batterie.

Flexibilité et conductivité maximale

Si ces collecteurs flexibles qui suivent l’élasticité de la peau et les mouvements du corps humain sont très recherchés pour le développement de toutes ces applications, cependant, leurs performances restaient « très loin derrière » celles des mêmes dispositifs rigides plus efficaces à convertir la chaleur corporelle en source d’énergie.

Efficacité et flexibilité : on sait que la flexibilité pour tous ces dispositifs qui collent à la peau présente un grand défi technique pour tous ces développements de type capteurs. Ce nouveau dispositif à base d’élastomère de silicone, un type de caoutchouc, à haute conductivité thermique, qui encapsule les interconnexions (EGaIn) relève ce défi. L’élastomère mis au point a permis de multiplier par 6 la conductivité thermique ou le taux de transfert de chaleur.

En synthèse, la technologie élimine la nécessité de développer de nouveaux matériaux thermoélectriques flexibles car elle incorpore les mêmes éléments semi-conducteurs utilisés dans les appareils rigides.

Source: Applied Energy 15 March 2020 Flexible thermoelectric generators for body heat harvesting – Enhanced device performance using high thermal conductivity elastomer encapsulation on liquid metal interconnects (Visuel Photo courtesy of Mehmet Ozturk, NC State University)

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VIAGRA : Les troubles de la vision doivent inciter à réduire les doses…

Actualités  –  publiée le 15/02/2020 par Équipe de rédaction Santélog

Frontiers in Neurology

Voir bleu après la petite pilule bleue ?

« Voir bleu après la petite pilule bleue ? » écrivent ces chercheurs de l’Hôpital d’Istanbul. Pas uniquement, mais c’est bien l’un des troubles visuels constatés par cette étude de cas de patients ayant pris du Viagra® à dose élevée. Des troubles de la vision qui en cas de persistance doivent inciter les patients à passer à une dose plus faible, souligne l’étude, publiée dans la revue Frontiers in Neurology.

La dysfonction érectile peut avoir des conséquences psychologiques importantes. Le sildénafil, développé à l’origine comme traitement de l’hypertension artérielle, en dilatant les vaisseaux sanguins et en détendant les muscles lisses du pénis, facilite l’obtention et le maintien d’une érection. Ses effets durent normalement de 3 à 5 heures.  

Ce n’est pas la première étude à souligner un effet secondaire oculaire du médicament.

Son mécanisme même de dilatation des vaisseaux sanguins implique des effets possibles sur différents organes. Couramment utilisé pour traiter la dysfonction érectile, le Viagra est généralement considéré comme sûr avec des effets secondaires limités (maux de tête notamment) et très temporaires.

De précédentes études ont néanmoins déjà suggéré un risque de troubles de la vision sévères avec le médicament, dont de rétinite pigmentaire chez certains hommes présentant une mutation génétique de prédisposition.

Une vision de couleur bleu intense : cette étude de cas met en évidence le risque d’effets secondaires visuels persistants, tels qu’une sensibilité à la lumière et les troubles de la vision des couleurs, chez les patients prenant la dose recommandée la plus élevée de Viagra. Bien que ces effets semblent rares, la recherche suggère que les nouveaux utilisateurs de Viagra devraient commencer par une dose plus faible avant de l’augmenter, si nécessaire.

Des troubles de la vision durables, sur 21 jours : ici, chez 17 patients masculins hospitalisés, les chercheurs rapportent de nombreuses perturbations visuelles, avec une dilatation anormale des pupilles, une vision floue, une sensibilité à la lumière et des troubles de la vision des couleurs, qui comprenaient une vision de couleur bleu intense avec une cécité au niveau des couleurs rouge et vert. Ces patients avaient pris du sildénafil pour la première fois et tous avaient pris la dose recommandée la plus élevée de 100 mg.

Les effets secondaires visuels ont commencé dès les premiers effets du médicament et ont perduré de manière sévère jusqu’à 24 à 48 heures plus tard. Les tests oculaires et une surveillance des patients montrent que les symptômes se dissipent totalement au bout de 21 jours.

Attention à l’utilisation sans prescription : alors que de nombreux hommes utilisent ce médicament sans ordonnance pour soulager leur anxiété sexuelle et la dysfonction érectile et si pour la grande majorité d’entre eux les effets secondaires sont temporaires et légers, certains utilisateurs vont connaître des troubles oculaires et visuels persistants.

Pourquoi ? Les auteurs suggèrent que ces patients ne métabolisent pas le sildénafil et ne l’élimine pas efficacement de l’organisme, ce qui pourrait entraîner des concentrations sanguines très élevées. Ensuite, dans cette étude de cas, les patients avaient pris la dose recommandée la plus élevée de sildénafil et cela lors de leur première prise du médicament.

Le message est donc double : ne pas prendre de Viagra sans prescription et commencer avec une dose plus faible pourraient permettre d’éviter les effets secondaires sévères. Des effets secondaires possibles et persistants mais très rares, précisent les chercheurs.

« Lorsqu’ils sont utilisés sous contrôle du médecin et aux doses recommandées, ces médicaments fournissent un soutien sexuel et mental précieux, cependant des doses inappropriées répétées peuvent entraîner des effets secondaires sévères ».

Source: Frontiers in Neurology  07 February 2020 DOI : 10.3389/fneur.2020.00067 Ocular Side Effects of Sildenafil That Persist Beyond 24 h—A Case Series

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