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SARCOPÉNIE : La masse musculaire prédit la longévité…

Actualités – publiée le 14/10/2019 par Équipe de rédaction Santélog

Journal of Bone and Mineral Research

La sarcopénie est associée à un risque de mortalité toutes causes confondues multiplié par 63 chez les femmes de faible masse musculaire et multiplié par 11,4 chez les hommes

C’est un risque de mortalité toutes causes confondues multiplié par 63 chez les femmes de faible masse musculaire et multiplié par 11,4 chez les hommes, que révèle cette étude de la Fundação de Amparo à Pesquisa do Estado de São Paulo. Des résultats frappants qui rappellent, dans le Journal of Bone and Mineral Research, toute l’importance de la santé musculaire pour un vieillissement en bonne santé, et, de manière plus pratique, la nécessité de pratiquer régulièrement des exercices de force, même au grand âge.

La donnée de base de l’étude est précisément la masse musculaire appendiculaire ou la somme de la masse musculaire squelettique des deux bras et des deux jambes (ASM pour Appendiculair skeletal muscle mass). Plus généralement, l’évaluation de la composition corporelle (visuel 2), et en particulier de la masse musculaire appendiculaire, se confirme ici comme une stratégie efficace pour prédire la longévité chez les personnes de plus de 65 ans. Les muscles appendiculaires sont en effet les muscles qui déplacent les appendices, soit les bras et les jambes. Ils jouent un rôle clé dans la stabilisation des épaules et des hanches et dans l’équilibre global.

La masse maigre ou musculaire appendiculaire, marqueur clé de longévité

L’étude est menée auprès d’un groupe de 839 hommes et femmes âgés de plus de 65 ans, suivis durant 4 ans. L’analyse constate que le risque de mortalité toutes causes confondues est multiplié par 63 environ au cours de la période de suivi chez les femmes de faible masse musculaire appendiculaire et par 11,4 fois chez les hommes. Pour parvenir à ces ratios frappants, les chercheurs ont évalué la composition corporelle des participants et se sont concentrés sur la masse musculaire appendiculaire, la graisse sous-cutanée et la graisse viscérale.

Ils ont ensuite regardé lequel de ces facteurs pouvait prédire la mortalité dans les années à venir. Le facteur clé qui ressort est bien la masse maigre appendiculaire, résume l’auteur principal, le Dr Rosa Maria Rodrigues Pereira, professeur de rhumatologie.

Une prévalence de 20% de faible masse musculaire appendiculaire : numériser la densité osseuse et la composition corporelle par absorptiométrie biphotonique à rayons X est la technique utilisée par les chercheurs pour aboutir à ce taux de prévalencve. Une technique qui permet, plus couramment d’évaluer la prévalence de l’ostéoporose et des fractures chez les femmes ou les personnes âgées. Cette analyse a été pratiquée sur un échantillon représentatif des membres les plus âgés de la communauté, dont 323 hommes (39%) et 516 femmes (61%).

Précisément, l’analyse constate :

  • une prévalence de 20% de faible masse musculaire chez ces participants de plus de 65 ans ;
  • un taux de décès de 15,8% (132) chez les participants à 4 ans, dont 20% chez les hommes et 13% chez les femmes ;
  • dont 43,2% de problèmes cardiovasculaires.
  • en règle générale, les sujets décédés étaient plus âgés, pratiquaient moins d’exercice et souffraient davantage de diabète et de problèmes cardiovasculaires ;
  • chez les femmes décédées, l’IMC avait également diminué ;
  • chez les hommes décédés, les antériorités de chute étaient plus fréquentes ;
  • seule une faible masse musculaire s’avère significative chez les femmes, compte tenu des variables d’ajustement,
  • chez les hommes, la graisse viscérale vient accroître le risque de décès : le taux de mortalité double avec chaque augmentation de 6 cm2 de graisse abdominale ;
  • les changements hormonaux liés à la ménopause pourraient expliquer en partie cette différence entre hommes et femmes.

Alerte à la sarcopénie : cette perte progressive de masse et de qualité musculaires associée à l’âge touche environ 46% des personnes âgées de 80 ans et plus. La sarcopénie, en particulier lorsqu’elle est associée à l’ostéoporose, accroît la vulnérabilité des personnes âgées, qui sont alors plus exposées aux chutes, aux fractures et à d’autres blessures physiques. Ici, l’analyse par absorptiométrie à rayons X a permis à l’équipe de développer un algorithme permettant de détecter la sarcopénie chez les patients âgés. « En gros », les sujets dont la masse musculaire est inférieure de 20% à la moyenne ont été classés comme sarcopéniques.

Notons que la perte de masse musculaire, qui survient naturellement après l’âge de 40 ans, peut passer inaperçue en raison de la prise de poids. Selon les estimations, entre 1% et 2% de la masse musculaire est perdue chaque année après 50 ans. Les facteurs susceptibles d’accélérer la perte musculaire comprennent la sédentarité, un régime pauvre en protéines, les maladies chroniques et l’hospitalisation.

Enfin, la perte de masse musculaire appendiculaire entraîne un effet évident sur la posture, l’équilibre et le mouvement. Sans compter les autres fonctions essentielles des muscles squelettiques pour le corps : ils partticipent à réguler la glycémie en consommant de l’énergie pendant la contraction et maintiennent la température du corps. Ils produisent également des hormones messagères, telles que la myokinase, qui facilitent la communication avec différents organes et influencent les réponses inflammatoires.

Oui, la sarcopénie peut être prévenue ! Elle peut même être inversée par l’exercice physique, en particulier le raffermissement musculaire. Un apport raisonnable de protéines est également recommandé.

Source : Journal of Bone and Mineral Research DOI : 10.1002/jbmr.3710 Association of appendicular lean mass and subcutaneous and visceral adipose tissue with mortality in older Brazilians: The São Paulo Ageing & Health Study (Visuel Rosa Maria Rodrigues Pereira)

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DÉMENCE : Découverte d’un nouveau biomarqueur sanguin…

Actualités – publiée le 14/10/2019 par Équipe de rédaction Santélog

Annals of Clinical and Translational Neurology

Une protéine de liaison au facteur de croissance (IGFBP-2), pourrait être à la fois un biomarqueur sanguin et une cible thérapeutique prometteuse pour la prévention de la démence.

Il existe un intérêt croissant pour la manipulation de la sensibilité à l’insuline et de la signalisation de l’IGF (insulin growth factor) dans le cerveau pour contrer le déclin cognitif et la démence. Ces travaux d’une équipe du Brigham and Women’s Hospital (Boston) suggèrent que la manipulation des voies de signalisation de l’IGF via une protéine de liaison au facteur de croissance (IGFBP-2), pourrait être une cible thérapeutique prometteuse pour la prévention de la démence. Des résultats publiés dans les Annals of Clinical and Translational Neurology qui désignent cette protéine IGFBP-2 à la fois comme un marqueur de démence et une cible thérapeutique, avec l’espoir dans un premier temps d’un test sanguin prédictif de la maladie. 

Car chez des adultes en bonne santé cognitive, des concentrations plasmatiques élevées d’IGFBP-2 sont également associées à un risque accru de démence ou de maladie d’Alzheimer. Et, pouvoir identifier les personnes les plus à risque de développer une démence, ou la maladie d’Alzheimer, est essentiel pour le développement de nouveaux traitements et d’interventions visant à ralentir ou à inverser les symptômes cognitifs.

Cette protéine semble à la fois un biomarqueur prédictif et une cible thérapeutique prometteuse

Analyser le plasma plutôt que le LCR : les biomarqueurs reconnus du liquide céphalorachidien (LCR) nécessitent une ponction lombaire alors qu’un biomarqueur plasmatique peut être très facilement identifié à partir d’un échantillon de sang, dont le prélèvement est simple et peu invasif.

Les chercheurs du BWH ont mesuré chez 1.596 participants de la Framingham Offspring cohort, à 53% des femmes, âgés en moyenne de 68 ans, les taux circulants de protéine 2 de liaison aux facteurs de croissance analogues à l’insuline (IGFBP-2). Leur analyse confirme que :

  • les taux élevés d’IGFBP-2 circulants sont bien associés à un risque accru de démence et de maladie d’Alzheimer ;
  • lorsque ces taux circulants sont pris en compte dans un modèle de facteurs de risque traditionnels de démence, IGFBP-2 permet d’améliorer considérablement la stratification des risques de démence, ce qui suggère que IGFBP-2 pourrait être un biomarqueur sensible de prédiction du risque. Ici, 32% des personnes atteintes de démence ont été, avec prise en compte de ce nouveau critère, correctement affectées à un risque plus élevé, tandis que 8% des personnes non atteintes de démence ont été correctement affectés à un risque prévu inférieur.

L’identification de biomarqueurs « du plasma » pour la démence constitue un progrès considérable dans la capacité de prédiction du risque de démence et du pronostic cognitif, explique le Dr Emer McGrath, co-auteur auteur et neurologue au BWH : « De nouveaux biomarqueurs peuvent également nous révéler des voies biologiques complexes sous-jacentes au développement de la démence, aider à définir plus précisément les sous-groupes de démence et améliorer la méthodologie des futurs essais cliniques. »

Dysfonctionnement métabolique, résistance à l’insuline et développement de la démence : cet axe de recherche est de plus en plus étudié : on sait aujourd’hui que le système de signalisation du facteur de croissance de type insuline (IGF) joue un rôle clé dans la neuro-régénérescence, la survie neuronale et la prolifération. On suspecte que l’IGFBP-2 altère la signalisation de l’IGF, inhibant ainsi la neuroprotection et la prolifération neuronale.

L’équipe souhaite maintenant regarder une éventuelle association entre les niveaux d’IGFBP-2 et de protéines toxiques, dont Tau dans le liquide céphalo-rachidien et les résultats cognitifs des patients.

Source : Annals of Clinical and Translational Neurology Sept 19 DOI: 10.1002/acn3.50854 Circulating IGFBP-2: a novel biomarker for incident dementia

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