Actualités Santé

MAL de DOS : Quelle est l’évolution qui vous attend…

Actualités  –  publiée le 16/02/2019 par Équipe de rédaction Santélog

Arthritis Care & Research

Invalidité, perte d’autonomie, dépression ou guérison ?

Invalidité, perte d’autonomie, dépression ou guérison ? Cette étude de l’University Health Network qui a regardé l’évolution de la douleur au dos au fil du temps et de l’âge, montre en réalité des évolutions très diverses de la condition. Des données présentées dans la revue Arthritis and Care Research qui appellent à traiter les dorsalgies de manière beaucoup plus personnalisée -et pas seulement par traitements opioïdes.

Le mal de dos est l’un des problèmes de santé les plus fréquents et les plus invalidants, et est associé à des dépenses de santé et des coûts de productivité considérables. En examinant l’évolution des maux de dos au fil du temps et en identifiant les caractéristiques liées à ces évolutions, les chercheurs canadiens reconstituent différents modèles ou trajectoires qui méritent des traitements spécifiques.

L’étude a suivi durant plus de 16 ans, 12.782 participants interrogés tous les 2 ans sur leurs niveaux de douleur, comorbidités, invalidité, utilisation d’opioïdes et d’autres médicaments et visites médicales. Au cours du suivi :

  • près de la moitié soit 45,6% des participants ont déclaré avoir eu mal au dos au moins une fois ;
  • 4 trajectoires de douleur sont identifiées chez ces participants :
  • douleur persistante : 18%,
  • en progression : 28,1%
  • en cours de récupération : 20,5%,
  • occasionnelle : 33,4%.
  • Les patients éprouvant un mal de dos persistant et en progression ont tendance à ressentir plus de douleur et d’incapacité, à s’être rendus à plus de consultations médicales et à utiliser plus de médicaments que les participants en récupération ou éprouvant un mal de dos occasionnel ;
  • les patients en cours de récupération utilisent cependant de plus en plus d’opioïdes et d’antidépresseurs au fil du temps ;
  • seul un patient sur 5 guérit. Mais cette guérison est majoritairement associée à la prise continue d’opioïdes et d’antidépresseurs, ce qui « n’est pas une option » et suggère que les personnes en convalescence ont besoin d’une surveillance continue, conclut l’auteur principal, le Dr Mayilee Canizares, de l’Institut de recherche Krembil à Toronto.

La mauvaise nouvelle est qu’1 patient sur 5 continuera à souffrir de maux de dos persistants, et que presque 1 sur 3 développe des maux de dos au fil du temps (à 6 ans). Chez ces deux groupes, le mal de dos est associé à plus de traitements contre la douleur, plus d’invalidité et un risque accru de dépression.

Les patients souffrant de douleurs dorsales vont donc évoluer de manière très diversifiée. Ils constituent un groupe hétérogène de patients, écrivent les chercheurs, qui auraient tout à gagner avec différentes approches de gestion de la dorsalgie et de la douleur associée, bref avec la mise en œuvre de stratégies préventives et traitements plus personnalisés.

Source: Arthritis Care & Research January 14, 2019 DOI: 10.1002/acr.23811 The course of back pain in the Canadian population: trajectories, predictors, and outcomes

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SOMNIFÈRES : Et si vous restiez endormi en cas d’alarme incendie… ?

Actualités  –  publiée le 16/02/2019 par Équipe de rédaction Santélog

Frontiers in Behavioral Neuroscience

Une nouvelle classe de somnifères préserve la capacité de se réveiller face à une menace

Ces scientifiques japonais montrent qu’une nouvelle classe de somnifères préserve la capacité de se réveiller face à une menace, contrairement à la plupart des autres hypnotiques leaders du marché. Cet essai apporte en effet la preuve dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience qu’avec la plupart des somnifères, la moitié des participants restent endormis en cas d’alarme incendie ! L’alternative préserve en revanche cette capacité de réveil en cas de danger.

L’étude en apporte la démonstration sur des souris, qui exposées au médicament hypnotique expérimental DORA-22 conservent cette capacité de s’éveiller aussi rapidement lorsqu’elles sont menacées. Et les souris se rendorment aussi rapidement qu’avec les somnifères classiques, une fois la menace passée.

La conclusion de l‘expérience est en substance, que les somnifères classiques (benzodiazépines) inhibent la réponse ou la perception d’une alerte par le cerveau endormi. Car même durant le sommeil, le cerveau traite en permanence les informations sensorielles et nous réveille s’il détecte une menace. Mais la classe de somnifères la plus largement prescrite (benzodiazépines), nous rend moins susceptibles de réveil en réponse à une entrée sensorielle, même « menaçante ». Pourquoi ? Les benzodiazépines stimulent le récepteur cérébral GABA-A, ce qui nous rend somnolents, mais suppriment également d’autres fonctions/zones cérébrales non ciblées, dont celle qui détermine les entrées sensorielles à traite, explique en substance, l’auteur principal, le professeur Tomoyuki Kuwaki de l’université de Kagoshima (Japon).

A contrario, les antagonistes des récepteurs de l’orexine (DORA) qui ciblent plus sélectivement les voies de sommeil / veille du cerveau, présentent des avantages en termes de sécurité par rapport aux benzodiazépines, comme un effet moindre de « gueule de bois » et ce « respect » du gardien sensoriel du cerveau qui permet de rester vigilant face aux menaces. Ici, la preuve est faite chez des souris, réparties pour recevoir « DORA-22 », ou une benzodiazépine (triazolam) ou un placebo. DORA-22 et le triazolam montrent des effets similaires sur le sommeil, allongeant la durée du sommeil profond de 30 à 40% par rapport au placebo mais seul DORA-22 préserve la réponse cérébrale à des stimuli menaçants. De plus,

« Bien que les souris traitées par DORA-22 aient été réveillées rapidement par la menace, elles se sont ensuite rendormies aussi rapidement qu’avec Triazolam et beaucoup plus rapidement qu’avec un placebo ». Il reste donc à vérifier que cette même capacité est réservée chez l’Homme, avec ces nouveaux antagonistes des récepteurs de l’orexine.

Source : Front. Behav. Neurosci., 08 January 2019 DOI :10.3389/fnbeh.2018.00327 Orexin Receptor Blockade-Induced Sleep Preserves the Ability to Wake in the Presence of Threat in Mice

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