Actualités Santé

Parkinson : un essai d’implantation de cellules souches iPS dans le cerveau…

NEUROLOGIE  – Par Marielle Ammouche le 09-11-2018

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/290x200/public/visuels_actus/cerveau_16.jpg?itok=Ey-0XPFe egora.fr

Un essai inédit de thérapie génique vient d’être réalisé pour la première fois au monde au Japon dans le traitement de la maladie de Parkinson. Des chercheurs japonais ont en effet annoncé avoir implanté des cellules souches pluripotentes induites (dites « iPS »), dans le cerveau d’un patient atteint de cette pathologie dégénérative, premier essai de ce type dans le monde.

Plus précisément, cette équipe de l’Université de Kyoto a injecté 2,4 millions de ces cellules iPS, dans la partie gauche du cerveau, au cours d’une opération de trois heures réalisée le mois dernier. Ces cellules iPS provenant de donneurs sains sont censées se développer en neurones producteurs de dopamine.

L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, a bien supporté le traitement et sera désormais surveillé pendant deux ans, a précisé l’université de Kyoto dans un communiqué. Si aucun problème n’apparaît dans les six mois à venir, les chercheurs implanteront alors 2,4 millions de cellules supplémentaires, cette fois dans la partie droite du cerveau du patient.

L’essai clinique est prévu pour inclure sept participants âgés de 50 à 69 ans. « Je salue les patients pour leur participation courageuse et déterminée », a commenté le Pr Jun Takahashi, cité vendredi par la chaîne de télévision publique NHK.

Cet essai fait suite à une expérience réalisée sur des singes avec des cellules souches d’origine humaine qui ont permis d’améliorer la capacité de primates atteints d’une forme de Parkinson de faire des mouvements, selon une étude publiée fin août 2017 dans la revue scientifique Nature. La survie des cellules greffées, par injection dans le cerveau des primates, a été observée pendant deux ans, sans aucune apparition de tumeur.

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/celulles.jpg?itok=qfPzdf-zMaladie de Parkinson : les bons résultats des cellules souches iPSC

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/cellule_0.jpg?itok=i9mer3i4Cellules souches : les académies veulent accélérer leur production industrielle

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/stop_17.jpg?itok=m93tZypS Rupture de médicaments antiparkinsoniens : les associations dénoncent « une prise d’otage insupportable »

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/casino_1.jpg?itok=w4vQXxHUSexe, casino, voitures de luxe: la face sombre du traitement de Parkinson

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/casino_0.jpg?itok=q5PAUoOKParkinson : des troubles des impulsions plus fréquents qu’on l’imagine

MORT PSYCHOGÈNE : Quelques semaines suffisent…

Actualités  –  publiée le 31/10/2018 par Équipe de rédaction Santélog

Medical Hypotheses

Mourir en abandonnant le combat de la vie, en imaginant que l’échec est inévitable et que c’est la seule fin possible, est un véritable syndrome, fréquent après un traumatisme sévère

Mourir en abandonnant le combat de la vie, en imaginant que l’échec est inévitable et que c’est la seule fin possible, est un véritable syndrome, fréquent après un traumatisme sévère : la personne pense qu’il n’y a pas d’échappatoire, faisant de la mort la seule finalité rationnelle. Cette étude d’un chercheur de l’Université de Portsmouth est probablement la première à décrypter ce long processus et à en décrire les marqueurs cliniques. Des travaux présentés dans la revue Medical Hypotheses qui peuvent permettre aux proches et aux médecins de détecter les premiers signes de cette longue désintégration et d’inverser cette descente mortelle.

Le Dr John Leach, chercheur à l’Université de Portsmouth décrit les marqueurs cliniques successifs de cette forme d’abandon qu’il appelle « give-up-itis » et qui, en l’absence d’intervention, peut causer la mort en seulement 3 semaines. Ce syndrome de renoncement touche les personnes victimes d’un stress traumatique et qui vont y répondre en développant une apathie extrême, en renonçant à l’espoir, en renonçant à la vie, sans aucune cause « organique » évidente. Cette « abandonnite » caractérisée par une démotivation progressive et un dysfonctionnement exécutif a ses signes cliniques correspondants, un dysfonctionnement du circuit frontal-sous-cortical, lié, suggère l’auteur, à un déséquilibre de la dopamine dans ce circuit.

Une défaite mentale qui entraîne une condition bien réelle : La mort psychogène est réelle, écrit le Dr Leach. « Ce n’est pas un suicide, ce n’est pas une forme de dépression, c’est un abandon de la vie et une mort en quelques jours, une condition bien réelle souvent associée à un traumatisme sévère ». Cette réalité clinique, l’auteur la documente en 5 étapes, 5 étapes qui vont mener à ce déclin psychologique progressif puis à l’abandon. Cet abandon est concomitant avec un changement dans le circuit frontal-sous-cortical du cerveau, impliqué dans le maintien d’un comportement orienté vers un objectif. Le candidat probable dans le cerveau est donc le circuit cingulaire antérieur, responsable de la motivation et du comportement dirigé.

5 étapes vers l’abandon total

  1. Le retrait social : il est fréquent après un traumatisme psychologique. Les personnes à ce stade peuvent manifester un repli marqué, un manque d’émotion, une apathie et une indifférence, et devenir plus égocentriques. L’auteur apporte ici l’exemple des prisonniers de guerre souvent été décrits dans cet état de « végétation ». Le retrait permet de s’affranchir de tout engagement émotionnel extérieur et d’opérer un réalignement interne de la stabilité émotionnelle, mais sans reprise en mains ou intervention, peut mener à l’apathie et au repli extrême.
  2. L’apathie est décrite comme « une mort émotionnelle ou symbolique ». L’exemple donné ici est celui des survivants de naufrages et des accidents d’avion. C’est une mélancolie démoralisante différente de la colère, de la tristesse ou de la frustration. A ce stade, le sujet ne cherche plus à se préserver, il apparaît parfois « échevelé » et son instinct de propreté a disparu. Un peu comme dans la dépression, même la plus petite tâche représente un effort démesuré.
  3. L’aboulie, ce manque de motivation associé à une réaction émotionnelle, à l’absence de toute initiative et à l’incapacité de prendre des décisions est caractéristique de l’étape suivante dans ce processus d’abandon. A ce stade, le sujet ne parle pratiquement plus, peut cesser de faire sa toilette ou d’effectuer certaines tâches primaires comme se nourrir, et se retire de plus en plus profondément. Il a perdu toute motivation intrinsèque, toute capacité ou désir d’agir pour lui-même. Il peut néanmoins toujours être motivé par ses proches, par le biais de la persuasion, du raisonnement, voire même de la « pression physique ». Mais dès que cessent ces motivations externes, le sujet retourne à l’inertie. Dans cet état, commente le Dr Leach, l’esprit semble vide et la conscience dépourvue de contenu.
  4. L’akinésie psychique marque une nouvelle baisse de motivation. La personne est consciente mais dans un état d’apathie si profond et si inconscient qu’elle peut même être insensible à la douleur au point de ne pas réagir en cas de violence physique. L’abandon est physique aussi, avec des symptômes d’incontinence et de laisser-aller dans « ses propres déchets ».
  5. La mort psychogène, la dernière étape est présentée comme la désintégration de la personne. « C’est à ce moment-là qu’elle abandonne et qu’aucun plaidoyer, aucun traitement, voire aucune pression physique ne peut lui redonner envie de vivre. Cette ultime étape « arrive vite » explique l’auteur, qui estime à seulement 3 à 4 jours, le délai qui sépare l’akinésie psychique de la mort psychogène.

« C’est comme si l’étape de « l’esprit vide » avait été remplacée par ce qui pourrait presqu’être décrit comme un comportement orienté vers un but. Mais le paradoxe est que, l’objectif lui-même est devenu réalité ».

Source : Medical Hypotheses November 2018 DOI : 10.1016/j.mehy.2018.08.009 Give-up-itis’ revisited: Neuropathology of extremis

Plus sur Neuro Blog