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Supplémentation en vitamine D et mortalité : nouvelles données…

Publié le 16/08/2019

Des études observationnelles ont montré qu’un taux faible de vitamine D était associé à une augmentation de la mortalité par cancers ou maladies cardio-vasculaires. En revanche, les travaux n’ont pas permis de démontrer les bénéfices d’une supplémentation en vitamine D sur la mortalité. Les résultats sont jusqu’à présent contradictoires et n’ont pas fourni de conclusion définitive. C’est la raison pour laquelle une équipe chinoise a entrepris une revue de la littérature et une méta-analyse des essais randomisés contrôlés comparant l’effet sur la mortalité de la supplémentation en vitamine D et la prise d’un placebo ou l’abstention. Finalement, 52 essais, incluant au total.

75 454 participants, ont été retenus pour l’analyse.

Les résultats vont à l’encontre de ceux de deux récentes revues systématiques. Il apparaît en effet que la supplémentation en vitamine D n’est pas associée à la mortalité toutes causes (RR [risque relatif] = 0,98 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,95 à 1,02), à la mortalité de cause cardio-vasculaire (0,98 ; 0,88 à 1,08), ou à la mortalité hors cancer et hors maladies cardio-vasculaires (1,05 ; 0,93 à 1,18). La supplémentation en vitamine D réduit toutefois significativement, de 16 %, le risque de décès par cancer (0,84 ; 0,74 à 0,95).

Les auteurs précisent qu’en analyse par sous-groupes, la mortalité toutes causes est significativement inférieure dans les études comportant une supplémentation en vitamine D3 plutôt que ceux concernant une supplémentation en vitamine D2, sans toutefois que ni la vitamine D3 ni la vitamine D2 ne soient associées à une diminution significative de la mortalité toutes causes.

Cette différence avec les autres travaux peut venir de ce que les auteurs ont ici éliminé de leur analyse les essais dans lesquels la supplémentation en vitamine D était associée à une supplémentation en calcium, certains essais concernant la vitamine D hydroxylée ou les analogues de la vitamine D. Ils ont en revanche inclus 18 essais publiés après 2014, dont le dernier comptant pour plus de 50 % des résultats.

Dr Roseline Péluchon

RÉFÉRENCE : Zhang Y et coll.: Association between vitamin D supplementation and mortality: systematic review and meta-analysis. BMJ 2019 ; 366: l4673.

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CANNABIS : Le poids corporel de ses consommateurs semble défier les fringales…

Actualités  –  publiée le 16/08/2019 par Équipe de rédaction Santélog

International Journal of Epidemiology

Les utilisateurs de cannabis "pèsent moins" lourd

On aurait pu penser que les consommateurs de cannabis accuseraient une prise de poids, en raison des fringales associées à l’utilisation de la substance, et présenteraient donc un poids corporel supérieur au poids corporel moyen, en population générale. Il n’en est rien et les consommateurs de cannabis « pèsent moins lourds », révèle cette étude de l’Université de Michigan, présentée dans l’International Journal of Epidemiology.

Seuls 15% des utilisateurs persistants sont atteints d’obésité…

Les chercheurs ont analysé les données de la National Epidemiologic Survey of Alcohol and Related Conditions Study et pris en compte l’indice de masse corporelle (IMC) de 33.000 participants âgés de 18 ans et plus, puis ont comparé les différentes données sur une durée de suivi de 3 ans.

L’analyse montre que :

  • tous les participants ont accusé une prise de poids corporel ;
  • ceux qui ont consommé du cannabis ont pris moins de poids que ceux qui n’en ont jamais consommé ;
  • les utilisateurs nouveaux et durables sont moins susceptibles d’être en surpoids ou obèses, dans l’ensemble ;
  • les utilisateurs, dont ceux qui viennent juste de commencer à consommer du cannabis, sont susceptibles d’avoir un poids normal et de maintenir ce poids de santé ;
  • seulement 15% des utilisateurs persistants sont atteints d’obésité, vs 20% des non-utilisateurs ;
  • alors que la différence de poids réelle entre utilisateurs et non-utilisateurs est modeste, soit environ un petit kilo pour un participant en pesant 90 au début de l’étude, la différence de prise de poids entre utilisateurs et non-utilisateurs est jugée significative sur l’ensemble de l’échantillon.

L’étude ajoute à la preuve croissante que « c’est l’effet opposé qui se produit », écrit l’auteur principal, le Dr Omayma Alshaarawy, professeur de médecine familiale. « Une différence moyenne d’1 kilo semble minime, mais est constatée chez plus de 30.000 participants ayant tous les types de mode de vie ».

Alors, comment le cannabis peut-il affecter le poids ? Les auteurs évoquent plusieurs facteurs, dont un comportemental général avec une conscience plus élevée de l’importance de l’apport alimentaire ; la consommation de cannabis elle-même pourrait également modifier la façon dont certaines cellules, ou récepteurs, réagissent dans le corps et pourrait également directement affecter la prise de poids.

Des recherches supplémentaires doivent être menées pour mieux comprendre les effets du cannabis sur le poids corporel mais, ajoutent les auteurs, « le cannabis ne doit pas être considéré comme une aide ou un frein au régime de perte de poids ».

Source: International Journal of Epidemiology 16 March 2019 DOI: 10.1093/ije/dyz044 Are cannabis users less likely to gain weight? Results from a national 3-year prospective study

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